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Natation: le jeune Yohann Ndoye Brouard ira aux JO et "pas en spectateur"

A 20 ans, le Français Yohann Ndoye Brouard s'est qualifié sur 100m dos pour ses premiers Jeux olympiques. Ambitieux, il se rendra à Tokyo pour "aller le plus loin possible".

"C’est quelque chose de fou, je n’ai pas envie d’y aller en tant que spectateur. Je sais qu’en 2016 il y a beaucoup de nageurs qui étaient un peu en vacances et je n’ai pas envie de faire ça. Je veux aller le plus loin possible. Je veux tout prendre et emmagasiner de l’expérience parce que c’est Paris 2024 l’objectif." Yohann Ndoye Brouard, 20 ans, s’est qualifié pour les Jeux olympiques de Tokyo sur le 100m dos grâce à sa victoire ce vendredi à Marseille en 52"97 et après une journée riche en rebondissements.

Le nageur d’Annecy pensait avoir fait le plus dur en séries le matin, en réalisant le temps exigé par la Fédération française de natation pour une qualification olympique (53"21 contre 53"34 exigé) avec son record personnel à la clef. Mais le bonheur n’a pas duré longtemps puisque dans la série suivant, Mewen Tomac a réalisé à son tour les minimas et dans un chrono plus rapide (53"10). Un seul nageur par épreuve peut se qualifier sur cette première phase de qualification de trois mois, débutée en décembre et qui se termine ce week-end.

"Je n’arrive pas trop à réaliser là"

"Ce matin j’étais presque au fond du trou, avoue en reprenant son souffle Yohann Ndoye Brouard. Un moment je touche je suis qualifié aux Jeux olympiques et 53"10 plus tard je ne le suis plus."

Le nageur qui s’entraîne à l’INSEP a dominé la finale devant Mewen Tomac deuxième en 53"19. Et a pu exploser de joie à en voyant le chrono s’afficher, synonyme d’une première qualification pour les JO. "Je n’avais pas vraiment d’objectif, je voulais juste gagner. Et je me suis arraché sur la fin je ne pensais qu’à toucher premier et pas au temps. Je ne pensais pas nager si vite. Je n’ai pas les mots, s'émeut-il. Oui je vais à Tokyo… Je n’arrive pas trop à réaliser là. Là je vais aller voir ma maman et lui faire un câlin et peut-être que je réaliserai après…"

Une maman qui a explosé de joie dans les tribunes. L’ascenseur émotionnel a donc cette fois été vécu par son rival, l’Amiénois Mewen Tomac. "Il y a toujours un gros respect entre lui et moi, assure Ndoye Brouard. Ce matin je l’ai félicité à ma façon, je lui ai fait une petite tape dans le dos et je l’ai traité de bâtard (rires). On est des super rivaux et c’est génial parce qu’on se pousse dans nos retranchement et sans lui je pense que je n’en serais pas là donc vraiment c’est génial que l’on soit tous les deux à ce niveau." Son entraîneur à l’INSEP Michel Chrétien visait plus une qualification en juin lors des championnats de France.

Une marge de progression importante

"Mais être face au mur je n’aime pas trop ça donc je suis content d’avoir fait le temps", réplique le longiligne dossiste qui est devenu ce soir le troisième performeur français de l’histoire derrière Camille Lacourt et Jérémy Stravius. "Yohann démontre que c’est un compétiteur après ce qui s’est passé ce matin, analyse Michel Chrétien. C’est un garçon qui connaît la natation mondiale, il berce dedans depuis tout petit. C’est un garçon qui a encore beaucoup de travail à effectuer, beaucoup de progrès. C’est le début pour lui. Il faut surtout qu’il apprenne à bien travailler et répéter les choses. C’est quelqu’un qui aime bien se faire plaisir et il y a encore des moments de travail à effectuer." Yohann Ndoye Brouard avait du mal à redescendre de son nuage, le regard déjà vers la découverte de ses premiers Jeux. Avec envie.

Avec Florent Manaudou, Yohann Ndoye Brouard est le deuxième qualifié officiellement pour les JO de Tokyo sur cette première phase de qualification olympique. Marie Wattel sur 100m papillon, Béryl Gastaldello (absente à Marseille) sur 100m nage libre et Mélanie Hénique sur 50m nage libre ont également réalisé les minimas et pourraient valider leur qualification olympique. David Aubry est lui déjà qualifié pour Tokyo grâce à sa médaille de bronze sur le 800m aux championnats du monde 2019.

Julien Richard