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Natation: Où en sont Manaudou et Leveaux après l’annonce de leurs retours?

Alors que le 50m nage libre des championnats de France de natation aura lieu dimanche à Rennes, deux grands absents, Florent Manaudou et Amaury Leveaux qui ont annoncé leur retour, seront au cœur des discussions.

Dimanche sera le dernier jour des championnats de France de natation à Rennes, avec le 50m nage libre. Une course où l’on parlera beaucoup... des absents: les deux revenants Florent Manaudou et Amaury Leveaux.

Manaudou, champion olympique du 50m à Londres en 2012 et vice-champion olympique à Rio en 2016, a en effet annoncé son grand retour à la compétition en mars après avoir coupé pendant trois ans. Pas engagé sur les championnats, le nageur est passé jeudi à Rennes pour voir ses camarades de l’équipe de France et de Marseille ainsi que les responsables de la direction technique nationale.

Florent Manaudou a repris l’entraînement le 9 avril dernier en Turquie à Antalia au centre Gloria Sport avec James Gibson, l’entraîneur britannique qui l’avait accompagné à Marseille sur les derniers mois de préparation pour les JO de Londres. Il est rentré mardi 16 avril à Paris, après une petite dizaine de jours passés sur place pour ce premier bloc de travail. 

"Il a un peu perdu mais il est vraiment motivé"

"La reprise de Florent c’est plus une introduction qu’un gros bloc de travail, a confié à RMC Sport James Gibson, son entraîneur. On a terminé mardi, il a passé 10 jours en Turquie on a fait beaucoup de tests sur son corps, de tests dans l’eau. (…) Je suis très content de ces deux semaines de travail. Il a perdu un peu c’est normal après deux ans et demi mais il est vraiment motivé, et on n’est pas pressé en plus avec sa blessure à la main. Sur ces deux premières semaines on n’a pas forcé du tout. On a mis en place la technique, du travail technique et construire le corps de Florent très très doucement."

"On n’a jamais vu le meilleur de Florent"

"Il pratique aujourd’hui avec plaisir, avec bonheur, ce que je crois qu’il n’avait jamais eu avant, confie Julien Jacquier, entraîneur du CN Marseille. Je vous assure que l’on n’a jamais vu le meilleur niveau de Florent et j’espère qu’il l’atteindra un jour. Il a rarement été heureux le jour J. Il était bridé on le sentait sur les deux trois dernières années on le sentait parce qu’il s’écartait jour après jour du plaisir de nager et je crois que quand il va se faire plaisir au quotidien il va développer plein d’autres choses qu’il n’avait pas vues avant. Et c’est un athlète qui est jeune."

Amaury Leveaux, vice-champion Olympique en 2008 à Pékin, a lui annoncé son retour en septembre 2018 après avoir pris sa retraite… en 2012. Avec comme objectif les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Il a d’abord effectué sa reprise à Mulhouse auprès de son ancien entraîneur qui l’a mené à sa médaille de 2008 Lionel Horter. Mais il a rapidement quitté l’Alsace pour Dijon. En Côte d’Or, il a retrouvé Eric Rebourg son entraîneur quand il était au pole espoir de Besançon et qu’il avait 15 ans. Eric Rebourg qu’il avait consulté au mois d’août quand il commençait à mûrir son retour.

Le nageur s’entraîne actuellement 10 fois par semaine, assidûment depuis un mois avec quatre séances de travail physique dans la semaine. Il s’entraîne avec un groupe de deux autres nageurs l’après-midi, et un groupe plus élargi le matin. « Il reprend et de ce que m’a dit Eric il a encore plein de qualités, que c’était d’ailleurs déjà impressionnant de le voir alors que sa forme n’est pas encore optimale, confie Julien Issoulié, directeur technique national (DTN). Il est encore super aquatique et il y a un vrai potentiel à développer. C’est comme pour Florent, la route est courte, mais la route et longue."

Le même Leveaux qu'au "début de sa carrière"

Après avoir quitté Mulhouse pour Dijon début mars, Leveaux travaille dur en pensant à son objectif de 2020, s’accordant tout juste le droit de rentrer à Paris le week-end pour aller voir son fils. "Il est très motivé, tous les matins il est là à 6h30 et je revois le Amaury du début de sa carrière qui s’investit à 100%, confie son entraîneur Eric Rebourg. Il a une image, une réputation parfois de dilettante, mais ça c’est pour le grand public. Parce que quand vous avez nagé avec Philippe (Lucas) ou Lionel (Horter) si vous êtes comme ça, vous ne nagez pas. C’est un très gros travailleur et le pari est vraiment à tenter, parce qu’on a vu des nageurs comme Anthony Ervin qui revenait. La natation mondiale montre que les nageurs peuvent être performants assez tard."

Julien Richard