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Blanco: "Le Grand Stade n’est pas risqué "

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Dans un référé rendu public lundi, la Cour des comptes a émis un avis défavorable au projet de « Grand Stade » de la Fédération française rugby. L’institution pointe notamment les lourdes conséquences financières pour l’Etat si le rugby venait à quitter la Stade de France. Invité à réagir au micro de RMC Sport, le vice-président de la FFR, Serge Blanco, maintient sa volonté de voir le l’enceinte sortir de terre.

Pourquoi ce référé sort-il maintenant ?

Il faudrait poser la question à la Cour des comptes ou à l’Etat. Je ne pense pas que ce soit une volonté particulière de la Fédération de ne pas le sortir. Je ne sais pas pourquoi il n’est publié que maintenant.

Etiez-vous au courant ?

Bien sûr qu’on avait eu vent. Mais tant que rien n’était concret, c’était difficile de parler de ce que nous ne connaissions pas.

Quelle est la position aujourd’hui du ministère des Sports, puisqu’on le rappelle, ce référé était adressé au ministère ?

Le ministère des Sports soutient la démarche de la Fédération française de rugby. Sur le principe, cette démarche vise à acquérir une plus grande maitrise de son outil de travail. Le ministère ne peut qu’aller dans ce sens. Il s’agit de renforcer les moyens alloués au développement de la discipline et surtout être indépendant par rapport à des ressources financières.

Mais cet énorme investissement dans le « Grand Stade » n’est-il pas risqué ?

Je ne pense pas. Des études ont été faites depuis plusieurs mois. Je ne pense pas que la Cour des comptes entre dans ces échanges-là. Elle est en train dire « attention, si la FFR s’en va du stade de France, il va y avoir un manque à gagner ». Voilà la véritable réponse de la Cour des comptes. C’est vrai qu’il y a un manque à gagner. Mais je voudrais rappeler que nous avons dénoncé le contrat avec le Consortium du Stade de France, donc avec l’Etat, en 2013. Nous ne l’avons pas fait de gaîté de cœur. Nous l’avons fait parce que nous nous sentions obligés. Ça ne veut pas dire que nous n’avons pas continué à travailler avec le Stade de France.

Quel est le problème alors ?

Les chiffres que l’on avance dans tous les journaux ne sont pas réels. La FFR, si elle met en avant la construction d’un nouveau stade, sera obligée de jouer au SDF jusqu’en 2021. Il n’y aura que quatre de différence avec une convention qui au départ nous amenait jusqu’en 2025. Chose qu’a renouvelé le football. Mais je pense que ça sera quatre ans de manque à gagner. La grande problématique, et personne n’en parle, ce n’est pas que le rugby. C’est qu’il n’y a pas de club résident aujourd’hui. Entre 1998 et 2013, cette absence de club résident a pesé entre 180 et 200 millions d’euros. Ce sont les véritables questions. Il ne faut pas tout faire reposer sur le rugby. Sachant que le rugby aujourd’hui permet à l’état d’économiser sur les quatre années de 2013 à 2017, puisqu’il ne verse pas d’indemnité pour l’absence de club résident.

"Le problème, ce n’est pas le rugby"

La FFR s’estime-t-elle en position de force après le référé ?

Je ne pense qu’on soit dans cet état d’esprit-là. On a renouvelé déjà une première fois le contrat avec le Stade de France. Bien sûr que nous avons gagné sur des négociations parce que nous avions un manque à gagner très important. Nous avons réévalué nos recettes. Nous allons rester sur des positions d’honnêteté intellectuelle et économique qui ne mettent pas à mal le Stade de France et qui permettent à la FFR d’avoir des ressources nouvelles. On ne peut pas galvauder et penser que sera « tout bénef’ » pour la fédération.

Assiste-t-on à un début de match entre le projet « Grand Stade » et le Stade de France, en vue des JO notamment ?

Pas du tout. Il faut prendre en compte que l’on postule pour l’organisation des JO. Si par bonheur nous avions l’organisation de ces JO, ce que je souhaite, c’est sûr, ce serait une vision de développement différente, surtout pour le Stade de France. Nous, nous sommes sur une affaire privée. Elle nous permet d’avoir une vision de développement complètement différente. Mais il n’y aura pas de choc entre la partie financière du Stade de France et celle du futur Grand Stade si nous le faisons.

Où en êtes-vous de l’avancement du projet « Grand Stade » ?

Dans quelque temps, nous allons annoncer et démontrer à tout le monde que nous sommes sur une voie de conception de ce stade qui est encourageante et nous permet d’envisager l’avenir différemment. Nous travaillons d'arrache-pied, nous mettrons tout en œuvre pour y arriver. On est en discussion avec le constructeur pour finaliser très exactement les prix et la façon dont on peut mettre en place notre stade. Cette annonce n’interviendra pas dans l’immédiat. Je ne vous dirai pas qu’elle aura lieu à la fin du Tournoi, ni au mois d’avril, mais ça sera fait très rapidement.

M.F