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Boudjellal: "Beaucoup de chiens sont sortis pour nous aboyer dessus"

A la veille du déplacement du RC Toulon à Murrayfield pour affronter Edimbourg à l'occasion de la deuxième journée de Champions Cup, Mourad Boudjellal s'est confié à RMC Sport ce vendredi. Il revient sur le début de saison compliqué de son club, 12e de Top 14, et balaye les critiques.

Mourad Boudjellal, ferez-vous le déplacement en Ecosse pour Edimbourg-Toulon ce samedi en Champions Cup?

Je ne fais pas beaucoup de déplacement et je serai pas en Ecosse ce week-end. Je ne pense pas que je puisse apporter grand-chose sur le terrain (coup d'envoi à 17h15 hf, ndlr).

Est-ce un match crucial, en dehors de la qualification pour la Coupe d'Europe, mais aussi pour le destin du RCT cette saison?

Le destin du RCT n'est pas lié à la qualification en Coupe d'Europe, c'est clair. Donc, c'est un match parmi tant d'autres cette saison. C'est sûr que si on le perd, on hypothéquera grandement nos chances de qualification, ça nous fera bizarre parce qu'on s'est toujours qualifiés pour les quarts de finale. Il y a plein de choses qu'on n'avait jamais fait et qu'on fait cette année. C'est peut-être l'année des grandes premières dans le mauvais sens, on verra.

On sent que votre orgueil, votre fierté, en prend un coup. Est-ce dur de se méfier de ses nerfs?

Non, non, parce que je ne suis pas surpris. Tout ce qui arrive, je le savais, ça ne me surprend pas du tout, comme je connais l'étape d'après. Aujourd'hui, on gère l'étape que j'avais prévue et je suis en train de préparer l'étape d'après.

Avant de parler de l'étape d'après, le slogan de Toulon "Ici tout est différent" est mis à mal, c'est plutôt devenu "Ici tout est normal". Le RCT est-il devenu un club normal?

Non. C'est assez amusant en ce moment parce qu'il y a beaucoup de chiens qui sont sortis de leur chenil pour nous aboyer dessus, nous cracher dessus, même jusqu'en Angleterre, où ils ne comprennent rien. Il y a plein de journalistes qui disent plein de sottises. Enfin, des journalistes qui sont autant journalistes que moi je suis danseuse classique. On se rend compte qu'on a énormément énervé des gens. J'ai lu il y a quelques temps dans le Times un article quasi-raciste où j'avais l'image du milliardaire pétrolier saoudien. Le mec ne comprenait rien, mettant de l'autre côté les Saracens un club vertueux alors que ça appartient à un milliardaire sud-africain mais ce n'est pas grave puisque lui est Sud-Africain. C'est différent, quand on est Sud-Africain et qu'on a de l'argent, on a des valeurs.

Et quand on a un nom comme le mien et qu'on a de l'argent, on n'a pas de valeurs. C'est ce que semblait dire ce pseudo-journaliste. Je me dis qu'on a dû emmerder vachement de monde et c'est vrai que ça donne envie de les emmerder encore. Mais je dis "pourquoi tant de haine?" alors qu'on est simplement un club qui s'est construit grâce à l'enthousiasme de nos supporters, grâce à la folie qu'on a su générer. On a construit une économie que ce crétin n'a pas compris, une économie autour du rêve, autour de l'envie, autour de la passion et une histoire d'hommes qui viennent du monde entier qui ont été unis par la même passion, la même envie de gagner. Vu outre-Manche, le crétin ne l'a pas compris.

Quelle est l'étape d'après?

J'en parlerai bientôt.

Bientôt, c'est quand?

Dans les quinze jours, trois semaines. On fera une conférence de presse pour expliquer l'étape d'après. Parce qu'il y a le jour d'avant, il y aura le jour d'après. Pour l'instant, on est encore dans le jour d'avant.

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RC Toulonnais

Laurent Depret