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Champions Cup: La Rochelle-Toulouse, un choc franco-français en finale

Pour la sixième fois de l'histoire, deux équipes françaises se retrouvent en finale de Champions Cup. Toulouse et La Rochelle se défient ce samedi (17h45), à Twickenham. Même si les deux formations se connaissent bien, la rencontre s'annonce forcément différente pour ce rendez-vous européen.

Cela fait 11 ans que le Stade Toulousain attend un nouveau sacre en Champions Cup. Et ce serait le cinquième titre de son histoire dans cette compétition, soit un nouveau record. Vainqueur de Biarritz lors de sa dernière conquête en 2010, Toulouse retrouvera cette fois ce samedi (17h45), à Twickenham, l'équipe de La Rochelle, qui disputera de son côté sa première finale de Champions Cup.

Un affrontement franco-français "enlève un peu de magie à cette finale" pour Marconnet

Cet affrontement franco-français sera le sixième de l'histoire de la compétition, dont Toulouse a été la première équipe à inscrire son nom au palmarès, en 1996. "Quand on s'engage en Coupe d'Europe, c'est pour affronter les clubs les plus prestigieux d'Europe. C'est vrai que c'est ce qu'on attend. Cette finale n'est pas inédite mais c'est assez particulier puisque les équipes se connaissent bien. Il y aura forcément du chambrage. Quand on va jouer pour une finale européenne, on s'attend plutôt à jouer une équipe étrangère. Mais ce sont les deux équipes les plus flamboyantes de Top 14 qui se retrouvent, note pour RMC Sport Sylvain Marconnet, finaliste malheureux avec le Stade français en 2001 et 2005. Mais le contexte est particulier car toute la presse en parle, les joueurs communiquent. Cela enlève un peu de magie à cette finale."

Toulouse pourra certainement s'appuyer sur l'expérience de Maxime Médard, qui a passé toute sa carrière au club, et qui était déjà présent lors des titres en 2005 et 2010. Déjà victorieuse du Bouclier de Brennus en 2019, cette génération toulousaine suscite beaucoup d'espoirs, dans le sillage de sa charnière Antoine Dupont et Romain Ntamack.

"On prend l'adversaire moins par surprise, car on l'a déjà affronté deux fois et on peut étudier l'adversaire chaque semaine. C'est peut-être le champ à exploiter en changeant de stratégie. Souvent, c'est l'expérience et le supplément d'âme qui vont faire la différence, poursuit Marconnet, ancien pilier aux 84 sélections avec l'équipe de France. Avec le départ de Jono Gibbes à Clermont, j'ai l'impression que c'est un peu une fin de cycle à La Rochelle et qu'ils vont vouloir aussi offrir un titre à leurs supporters."

"Pas forcément de favori" selon Elissalde

Deuxième de Top 14, derrière Toulouse, le club de La Rochelle a réalisé l'exploit en demi-finales, en sortant à domicile le Leinster. Malgré le huis clos, de nombreux supporters étaient venus communier à l'issue de la rencontre, aux abords du stade Marcel-Deflandre. Portés par cet élan populaire, même si cette finale se disputera au maximum devant 10.000 spectateurs anglais ou expatriés français, les joueurs rochelais tenteront de confirmer.

"Il y a quelque chose qui se construit petit à petit. On a une très belle équipe et un très bon groupe. Ce n’est pas une simple équipe. Mais parfois, la petite marche qu’il reste à franchir est la plus dure", confiait cette semaine le troisième ligne Grégory Alldritt, en conférence de presse. Monté en Top 14 en 2014, le club maritime présentera bien des qualités sur le terrain et pourra s'appuyer sur l'expérience de sa finale européenne perdue, en Challenge Cup, face à Clermont en 2019. Cette même année, Toulouse avait éliminé La Rochelle au stade des demi-finales de Top 14. Depuis, le groupe a bien grandi. "Quand on a joué la finale de Challenge Cup ou la demi-finale de Top 14, on pensait être prêt aussi" ironisait Alldritt.

Formé au Stade Rochelais avant de s'envoler au Stade Toulousain en 2002, où il a gagné à trois reprises la Coupe d'Europe, Jean-Baptiste Elissalde refuse lui de donner un favori pour cette rencontre particulière pour lui. "Quand tu as passé ta vie dans ces deux clubs, c’est un peu particulier. Ton cœur balance. Me demander pour qui je suis, ce serait malvenu. C’est comme si je devais choisir entre mes deux enfants, c’est trop compliqué. Cela a une connotation un peu plus Top 14 et les mecs se connaissent par cœur, analyse l'ancien demi de mêlée. Les entraîneurs ont déjà préparé deux fois le match, les joueurs ont aussi un a priori par rapport à une équipe étrangère. On dit que c’est nouveau pour la Rochelle, mais pour cette génération de Toulouse, c’est aussi nouveau pour eux même s’ils ont gagné le championnat il y a deux ans. Au vu des forces en présence, et des qualités des deux équipes, il n’y a pas forcément de favori."

"Deux équipes qui jouent énormément" selon Guirado

Vainqueur avec Toulon de la Champions Cup en 2015, la dernière remportée par un club français, face à Clermont, Guilhem Guirado note néanmoins des différences entre ces rencontres de Top 14 et les affrontements en Europe, d'autant plus entre deux équipes françaises. "On retrouve une équipe qu'on a l'habitude de jouer, mais c'est une rencontre d'un autre calibre car les équipes sont obligées de se découvrir. On sait que l'arbitrage arrive à avantager le fait de jouer beaucoup plus et d'enchaîner les temps de jeu, explique le talonneur, actuellement à Montpellier. C'est quelque chose de différent. C'est aussi lié à notre championnat et sa difficulté. Cela perd un peu de sel d'affronter une équipe française, mais La Rochelle est peut-être plus avantagée car ils ont joué des équipes anglo-saxonnes, alors que Toulouse a joué Clermont et Bordeaux-Bègles pour se qualifier. C'est une compétition à part, mais ça sera un beau match car ce sont deux équipes qui jouent énormément."

Une chose est sûre: pour la neuvième fois de l'histoire de la compétition, un club français remportera le trophée. Toulon y est parvenu à trois reprises entre 2013 et 2015, alors que Brive avait remporté la deuxième édition, en 1997. Cette saison, Toulouse a peut-être l'avantage psychologique avec ses deux victoires en Top 14 face à La Rochelle, une première fois en septembre (39-23) et il y a quelques semaines (14-11), en février, en déplacement au stade Marcel-Deflandre.

GL