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Champions Cup : une valise et les vacances pour le Stade Français

Emprunté et auteur de terribles fautes d’inattention, le Stade Français a sombré sur la pelouse de Leicester, ce dimanche en quart de finale de la Champions Cup (41-13). Les Parisiens, plombés notamment par le mauvais match de leur ouvreur Morné Steyn, n’ont jamais été en mesure de créer l’exploit.

TOPS

Freddie Burns

Grâce au mauvais match de Morné Steyn, il a remporté haut la main le duel des ouvreurs. Mais il a aussi posé sa patte sur ce large succès des Tigers. C’est sous son impulsion que Leicester a maximisé chaque perte de balle parisienne. Son jeu au pied a été chirurgical (100 % de réussite face aux poteaux). A l’origine du premier essai du match - il oblige Camara à concéder la touche et joue rapidement pour Tuilagi - il a sanctionné de manière majuscule une mauvaise passe de Morné Steyn. Un match parfait.

Vereniki Goneva

Il a fait mal, très mal aux Parisiens ce dimanche. Vereniki Goneva a sanctionné dans les grandes largeurs les errements des joueurs de Gonzalo Quesada. Il profite d’abord d’un mauvais placement de Waisea sur son premier essai (31e), avant d’enfoncer le clou sur une percée toute en puissance le long de la ligne de touche (46e). L’ailier fidjien aurait pu s’arrêter là. Mais il a encore tourmenté les esprits parisiens en décalant parfaitement Mike Fitzgerald sur le cinquième essai anglais, un véritable bijou collectif de 60 mètres de la part des Tigers.

Il faudra compter avec Leicester

Certes, le mauvais match du Stade Français les a aussi mis sur une voie royale. Mais les Tigers sont loin d’avoir volé leur succès. Même si les Parisiens ont longtemps eu la possession du ballon, les Anglais les ont dominés dans les secteurs qui comptent : le jeu porté et les phases de conquête. Leicester a aussi bénéficié du match explosif de Vereniki Goneva, de la puissance dévastatrice de Manu Tuilagui et de la vista de Freddie Burns. Trois joueurs que les prochains adversaires des Tigers devront surveiller comme le lait sur le feu.

FLOPS

Morné Steyn

C’était l’un des choix forts de Gonzalo Quesada. En titularisant Morné Steyn plutôt que Jules Plisson à l’ouverture, le technicien argentin avait fait le choix de l’expérience. Mais l’ouvreur sud-africain n’a jamais rendu cette confiance, ni été à la hauteur du rendez-vous. Imprécis au pied - il manque une pénalité abordable à la 11e -, pas du tout inspiré dans le jeu, c’est lui qui se fait intercepter par Freddie Burns, dont il n’aura jamais soutenu la comparaison, sur le troisième essai anglais (34e). Et qui perd le ballon amenant le doublé de Vereniki Goneva (45e). Remplacé par Plisson (52e), qui a bu la tasse comme le reste de l’équipe en fin de match.

Paris s’est plombé tout seul…

Des en-avants, des passes trop molles, des placements trop approximatifs, une défense trop élastique (24 plaquages manqués) et des erreurs d’inattention en pagaille : le Stade Français s’est sabordé tout seul sur la pelouse de Leicester. Si les Tigers ont développé un jeu rapide, fluide et souvent séduisant, ils n’ont pas eu besoin, non plus, de forcer leur talent. On pense à cette touche rapide concédée par Djibril Camara après deux minutes de jeu seulement et aussitôt exploitée par les Anglais. Ou aux errements de Waisea, pris sur deux des six essais encaissés par les Roses ce dimanche. Avec autant d’erreurs, Paris ne pouvait décemment pas faire de miracle sur la pelouse de Welford Road.

… et ne s’est jamais révolté

Il y a bien eu cette entame de seconde période, cette grosse poussée parisienne et cet essai de l’espoir de Julien Dupuy (43e). Mais c’est tout. Le Stade Français n’a jamais été en mesure de faire trembler Leicester. Pis, le champion de France sortant n’a jamais semblé parvenir à se transcender dans ce match, alors qu’il disputait la rencontre la plus importante de sa fin de saison, d’ores et déjà ratée en Top 14 puisqu’exclu des phases finales. Une absence de révolte que notre consultant rugby, Richard Pool-Jones, fustige. « Ce match s’inscrit dans la lignée d’une saison très décevante. Les erreurs défensives sont devenues des absences. Il faudra que cette équipe parisienne se regarde dans la glace, juge l’ancien directeur sportif du club. Ce n’est pas faire honneur aux maillots. C’est toujours difficile de venir gagner ici mais prendre quarante points comme ça et lâcher les plaquages… »