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Coupe du monde: les Bleus peuvent supporter l’Angleterre... mais ont du mal à le dire

Avant leur match contre les Tonga dimanche, les joueurs du XV de France seront des spectateurs très attentifs de la rencontre entre l’Angleterre et l’Argentine ce samedi (10h). Une victoire anglaise leur faciliterait grandement la tâche en vue de la qualification pour les quarts de finale. De là à supporter leurs meilleurs ennemis? Difficile à avouer.

Concentrez-vous un instant pour un petit cours de mathématiques: avec neuf points au compteur dans cette Coupe du monde, la France est actuellement 2e de la poule C, à une unité derrière les Anglais. Les Français devancent les Argentins, qui eux possèdent six points. Les Tricolores vont donc regarder avec intérêt l’opposition entre Anglais et Argentins ce samedi, à Tokyo (10h).

Car tout autre résultat qu’une victoire des Argentins ou un nul de leur part avec bonus offensif (à savoir s’ils font un nul sans bonus ou une défaite avec ou sans bonus), ouvrirait la porte à une qualification des Français, à la condition qu’ils battent de leur côté les Tonga (même sans bonus offensif).

Les Bleus qualifiés en cas d'égalité avec l'Argentine

Au mieux, l’Argentine, en faisant le plein avec une dernière victoire bonifiée face aux Etats-Unis, obtiendrait treize points au classement. Tout comme la France si elle gagne dimanche. En occultant même le dernier match des Français face à l’Angleterre, cette égalité profiterait alors aux hommes de Brunel, vainqueurs de leur premier match face aux Argentins (c’est le résultat entre les deux équipes à égalité qui décide du qualifié). Anglais et Français seraient alors en route vers les quarts de finale dès dimanche soir et n’auraient plus qu’à se disputer la première place de la poule.

Le calendrier fait que les Bleus auront les informations en main avant leur match. Vont-ils alors se muer en supporters du XV de la Rose? Première réponse, au parfum politique et sourire en coin, un poil à côté de surcroît, de l’ouvreur Camille Lopez: "Forcément qu’on va suivre le match de près. On sera devant notre télé, mais on ne pourra rien faire. Il faut qu’on se concentre sur nous, on va déjà essayer de bien préparer le match des Tonga et chercher une victoire contre eux. Et après, on aura un match décisif contre les Anglais pour aller chercher, je l’espère si on a battu les Tonga, la première place."

"J’ai du mal à le sortir, vous avez vu?"

Bis repetita avec le 3e ligne Charles Ollivon. Deux petites hésitations au début: "Heuuuuuu… c’est vrai que si l’Angleterre gagne, ça nous ouvrira plus facilement une porte pour se qualifier. Donc, heuuuuu… on peut dire que oui". Mais encore Charles? "Après, ça va être un gros match, donc on va regarder ça. Et on espère voir la victoire de l’Angleterre. On n’est pas acteur, on va subir la chose. Mais dans tous les cas, on va suivre ce match". Trop mièvre pour le Basque, meilleur client habituellement. C’est louche.

Du mal à lâcher un bon "Come on England" (Allez l'Angleterre)? Le rire est tout d’un coup bien franc. "Oui, c’est pour ça, j’ai du mal à le sortir vous avez vu? C’est le naturel qui revient (il rigole à nouveau)." Et si pour Grégory Alldritt, supporter les Anglais, "c’est bof", on comprend vite qu’on n’arrivera pas à leur faire chanter un "swing low, sweet chariot", l’hymne des supporters en blanc, le temps d’un week-end.

A cette même question, le sélectionneur Jacques Brunel lâche d’emblée un "non". Mais après une brève réflexion, il avoue être persuadé que les Français n’auront pas à soutenir les sujets de Sa Majesté. "Bien sûr que je préférerais que l’Angleterre gagne. Mais il y aura un gros match. Et je pense que l’Angleterre voudra garder son invincibilité." Tant mieux. Chacun à sa tâche, de son côté. En cette période négociation sur le Brexit, autant éviter les dettes.

Wilfried Templier