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Coupe du monde: comment Erasmus a transformé des Springboks moribonds en champions

L'Afrique du Sud est devenue championne du monde pour la 3e fois ce samedi, en battant en finale l'Angleterre (32-12). Le triomphe de leur sélectionneur Rassie Erasmus, arrivé en mars 2018 au chevet d'une équipe en grande difficulté.

611 jours. C'est le temps qu'il aura fallu à Johan "Rassie" Erasmus pour emmener l'Afrique du Sud sur le toit du monde du rugby, ce samedi face à l'Angleterre (32-12). Les Springboks sont titrés pour la 3e fois de leur histoire et leur sélectionneur en est le grand artisan. Arrivé le 1er mars 2018 à la tête de l'Afrique du Sud avec les pleins pouvoirs (sélectionneur et directeur du rugby au sein de la fédération sud-africaine du rugby à XV), Rassie Erasmus est parti de loin.

Les Boks sont alors au fond du trou, avec une série de 8 défaites en 12 rencontres. Son plan est simple, redonner à l'Afrique du Sud son identité avec des valeurs propres à son histoire: la conquête, la défense et un défi physique. "Rassie est arrivé avec un plan de jeu précis, à savoir s'appuyer sur les forces sud-africaines", raconte son entraîneur des avants, Matt Proudfoot. 

Retrouver l'identité de jeu des Springboks

L'ancien joueurs des Boks (36 sélections entre 1997 et 2001) veut s'appuyer sur une ligne d'avants dominateurs avec un jeu basé sur le combat, parfois brutal. Derrière, le jeu au pied d'occupation est aussi un des axes de travail. Savoir gêner l'adversaire avec des chandelles et des coups de pied derrière la défense. Pour une nouvelle fois, mettre une pression constante sur l'adversaire en le maintenant dans son camp. Le jeu des Springboks n'est pas spectaculaire, mais permet d'étouffer le XV adverse. 

Plus d'individualités, place à une équipe soudée 

A son arrivée, plus aucun joueur des Boks n'est indiscutable. "Il a placé tout le monde sur la même ligne et fait en sorte que tout le monde soit aligné sur le même plan de jeu", expliquait Thomas du Toit. Erasmus n'hésite pas à évincer certaines stars, si elles ne sont pas au niveau. Un constat que tire le talonneur Bongi Mbonambi: "Rassie va prendre celui qui travaille dur et fait bien son boulot. Alors que les précédents coaches prenaient ceux qui étaient là depuis des années, même s'ils ne faisaient pas la maille. Maintenant, c'est le travail qui prime".

Le sélectionneur sud-africain fait un autre choix fort en nommant comme capitaine Siya Kolisi, premier joueur noir à porter le brassard pour le pays africain. Erasmus profite aussi de son titre de directeur du rugby dans la fédération pour supprimer la règle de sélection des joueurs expatriés. Désormais, les joueurs évoluant hors Afrique du Sud peuvent renouer avec la sélection. Un choix qui permet de récupérer certains talents comme Faf De Klerk, le demi-de-mêlée, ou encore Cheslin Kolbe, l'ailier aux jambes de feux. 

Une Coupe du monde en guise d'adieu

L'Afrique du Sud offre rapidement une vraie concurrence lors du Rugby Championship de 2018, tournoi qui oppose l'Australie, les Springboks, la Nouvelle-Zélande et l'Argentine. Les Boks font tomber les All Blacks chez eux, sur le score de 34-36. S'enchaine, quelques jours plus tard, une victoire contre l'Australie (23-12). L'Afrique du Sud finit 2e mais envoie un signal fort. 

L'année 2019 sera la bonne. Les Springboks d'Erasmus remportent le "Rugby Championship"... Avant de terminer sur le toit du monde du rugby ce samedi matin face à l'Angleterre, pour ce qui semble être le dernier match du sélectionneur, qui sera à l'avenir seulement directeur du rugby de la Fédération. Rassie Erasmus est venu, a vu et a vaincu. 

Maxime Abolin