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Coupe du monde : les coups de cœur de RMC Sport

Les All Blacks champions du monde pour la 3e fois

Les All Blacks champions du monde pour la 3e fois - AFP

La Coupe du monde 2015 de rugby s’est achevée ce samedi soir à Twickenham sur le triomphe de la Nouvelle-Zélande en finale contre l’Australie (34-17). Les coups de cœur des envoyés spéciaux de RMC Sport, Laurent Depret et Wilfried Templier, qui ont couvert les six semaines de compétition.

Laurent Depret (envoyé spécial RMC Sport)

L’organisation générale de cette Coupe du monde

A part un incident voyageur qui a causé un cauchemar de deux heures en gare de Richmond le soir du match d’ouverture, aucun problème à noter. Mieux, des personnels, stewards, bénévoles et volontaires aidant, guidant les supporters avant et surtout après les matchs (mon dieu l’état de certains supporters… Et les personnels d’accueil et stewards toujours bienveillants avec cette viande saoule !).

Les équipes réputées petites

Quels progrès, quelles leçons d’abnégation, d’enthousiasme et d’engagement. Jamais de résignation (le courage des Uruguayens contre Fidji !), toujours la foi (fabuleux Japon), la volonté et la force de caractère (Roumanie ou de la Géorgie) et le pari du jeu, de la structure et de l’ambition (le Canada, les Etats-Unis). Il s’agit de la première Coupe du monde sans retentissante branlée majuscule, ce qui était jusqu’alors l’un des principaux freins pour parler du rugby comme sport planétaire.

Les valeurs

Oui, j’ai bien dit les valeurs, chez les grands de ce jeu, aussi bien les nations que les joueurs. Sonny Bill Williams qui console un Sud-Africain. Un Sud-Africain et un Argentin qui partagent une bière après s’être rentré dedans pendant 1h20. La fraîcheur et l’enthousiasme des trentenaires McCaw, Nonu, Carter, Fernandez-Lobbe, Burger, Du Preez, Giteau. Des coaches intelligents, orateurs et humanistes et pas seulement dans les discours, mais aussi et surtout dans les actes (messieurs Meyer, Hourcade, Hansen et Cheika, vous faites honneur au rugby).

Wilfried Templier (envoyé spécial RMC Sport)

Le jeu, le jeu et encore le jeu

Les champions du monde All Blacks sont l’image même (à la perfection) de ce que cette Coupe du Monde nous a apporté : une orgie de jeu, de passes, d’intervalles et de courses vivifiantes pour les amateurs de rugby. Comment ne pas aussi associer aux Kiwis le panache d’Argentins souvent vainqueurs, mais aussi jamais complètement battus (comme en demi-finales face à l’Australie), qui ont envoyé à la face du monde leurs progrès rugbystiques hallucinants.

Ajoutez à ça les Australiens, les valeureux et talentueux Gallois, des Ecossais à la sauce « Cotter » et un Japon qui a donné le ton avec sa victoire historique à la dernière seconde face aux Boks (ce qui a fait se lever et hurler la salle de presse de presse de Twickenham où je me trouvais ce jour-là), mais aussi des Géorgiens ou Uruguayens sans complexes et vous avez une 8e Coupe du monde de toute beauté. Le challenge sera grand de faire aussi bien dans quatre ans au Japon. Surtout pour les Anglais et les Français, si décevants et grands perdants de cette édition.

L’humilité des grands champions néo-zélandais

Steve Hansen qui demande la parole avant les questions des journalistes en conférence de presse pour avoir une pensée pour les Australiens et les remercier. Ma’a Nonu qui parle de ses « frères » coéquipiers qu’il va quitter, l’immense (au sens propre comme au sens figuré) Sam Whitelock qui dit combien il a été chanceux d’évoluer avec les Carter, Nonu et Smith, « des joueurs qu’il regardait en grandissant ». Et Sonny Bill Williams qui choisit de donner sa médaille de vainqueur à un enfant qui avait bravé le dispositif de sécurité pour aller à sa rencontre sur la pelouse. Bref, d’immenses champions à tous points de vue, ce qui explique sûrement leur remise en question permanente.

Cardiff a vibré

Alors que l’énorme superficie de Londres n’a pas permis de sentir pleinement le pouls de cette Coupe du monde (l’élimination des Anglais n’ayant rien arrangé), quiconque est arrivé à Cardiff ensuite a immédiatement ressenti la ferveur exceptionnelle qui régnait là-bas, surtout pour les Français après avoir séjourné à Croydon ou Milton Keynes. La position du Millennium, au cœur de la ville, avec ses innombrables pubs et restaurants autour, a donné parfois un spectacle incroyable de mélange de supporters, notamment au moment des deux quarts de finale, avec les Irlandais (en force), les Français, les Néo-Zélandais mais aussi les Gallois qui ont suivi en masse les performances de leurs équipes à la Fan Zone, attenante au Millennium car située dans l’ancien Arms Park. L’image du ballon géant encastré dans l’un des murs du château de la ville était parfaite. Et il faut avouer que par moment, Cardiff avait des airs de Pampelune…