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France-Argentine: Romain Ntamack était dans tous ses états

Romain Ntamack a vécu un drôle de premier match de Coupe du monde. A la peine dans les premières minutes, le jeune ouvreur des Bleus a ensuite réalisé une bonne première période. Avant de souffrir jusqu’à la dernière seconde et de l’emporter de justesse (23-21).

Il se rappellera toute sa vie de ce 21 septembre. A 20 ans et 143 jours, Romain Ntamack a découvert, à Tokyo, les joies et les attentes d’une Coupe du monde. Certes, le Toulousain en avait déjà remportée une avec les moins de 20 ans en 2018, mais là, c’était évidemment le niveau au-dessus sous les yeux de 44.044 spectateurs du Tokyo Stadium. Qui plus est face aux Argentins (23-21) qui l’attendaient de pied ferme. "On va essayer de le mettre sous pression", expliquait, deux jours plus tôt, le sélectionneur des Pumas, Mario Ledesma. Autant dire que son début de match était particulièrement attendu. Après La Marseillaise, passée entre ses partenaires de club, Thomas Ramos et Yoann Huget, le Toulousain a rapidement été mis à contribution.

Deuxième minute, première chandelle. Malheureusement, le ballon est parti directement en touche. A l’image de l’ensemble des Bleus, Ntamack a d’abord affiché quelques approximations dans un début de match tendu. Huit minutes plus tard, c’est à la réception d’un ballon haut et très compliqué qu’il a tenté de se mettre en évidence. Sans plus de réussite avec un en-avant. Les minutes ont heureusement été d’un autre niveau. Dans les airs avec un ballon récupéré. Et au pied, après l’essai de Gaël Fickou, à la 18eme minute, l’ouvreur aux 9 sélections a démontré ses talents de buteur pour passer la transformation en coin. Rebelote après l’essai d’Antoine Dupont où son pied droit a encore trouvé la cible pour la deuxième transformation.

... Réaliste en première période

"Il a montré sur les matchs de préparation que ce rôle ne lui faisait pas peur, avait souligné Jacques Brunel jeudi. Il s’entraine régulièrement même s’il ne bute pas en club. Il a un taux de réussite probant. On lui fait confiance." Et le staff a bien eu raison. Préféré à Camille Lopez, Ntamack a démontré qu’il avait bien les nerfs solides, avec cette fois une pénalité passée à la 30eme minute. Et une autre juste avant la mi-temps après un plaquage haut sur Huget (20-3). Le fils d'Emile (46 sélections) a bouclé ses 40 premières minutes de Coupe du monde sur un sans-faute au pied, et une impression générale très intéressante.

... Secoué en seconde

Au retour des vestiaires, malgré l’essai de Pagadizaval encaissé d’entrée, Ntamack a poursuivi sur la même précision au pied, avec une belle chandelle réceptionnée par Médard. Mais les Bleus, acculés dans leur camp, ont alors souffert face à des Argentins particulièrement remontés en mêlée et revenus à seulement cinq points. Quant à l’ouvreur français, clairement visé, il devait résister physiquement comme sur ce très gros tampon reçu à la 56eme minute. Et dans le jeu, comme les autres, il ne voyait plus le jour, ratant un plaquage quelques secondes plus tard le long de la ligne (20-18 à l’heure de jeu). A la 67eme minute, Ntamack a d’abord tenté une chandelle pour Penaud, sans succès, avant de sauver ses partenaires.

Mais il était dit que la soirée allait être stressante jusqu’au bout avec la sortie de Penaud, sur commotion (21-20, 68eme). Il a alors fallu se réorganiser totalement. Ntamack a alors glissé au centre et Fickou à l’aile. Camille Lopez lui a repris le jeu au pied et passé un drop capital de 35 mètres à onze minutes de la fin (23-21). Le tournant du match. La pression a alors radicalement changé de camp dans une fin de match suffocante. Ntamack et les autres se sont fait extrêmement peur mais l’essentiel est bel et bien assuré. Il a enfin assisté, le visage déconfit, à l’ultime tentative ratée de Boffelli pour les Pumas, juste avant la sirène. Il pouvait alors, comme les autres, exulter quelques secondes plus tard au bout des arrêts de jeu. Un match qu’il n’oubliera jamais…

JFP à Tokyo