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Nyanga: "L’Irlande ? Ça ne reste qu’un match de poule"

Après leur troisième victoire en trois matches de poule, dont la dernière en date face au Canada jeudi (41-18), les Bleus préparent leur finale de groupe face à l’Irlande, le week-end prochain. En vue, la première place pour éviter les All Blacks en quarts de finale… même si Yannick Nyanga estime que ce n’est pas la principale source de motivation des Français.

Yannick, vous sachant presque qualifiés pour les quarts de finale, dans quel état d’esprit abordez-vous cette « finale » de poule face à l’Irlande ?

On va jouer la première place. Après, on n’est pas qualifié même si je ne sais plus quel concours de circonstances il faudrait pour qu’on ne le soit pas. On va quand même avoir un peu confiance en nous, mais en tout cas on prépare ce match avec le plus grand sérieux. On sait quand même que ce qu’on a fait, même si on n’est pas qualifiés mathématiquement... logiquement on devrait sortir (sourire). Je pense qu’on a bien fait les choses et on va aller jouer la première place contre les Irlandais.

Considérez-vous qu’il s’agisse d’un match décisif ?

Il est décisif pour nous en tant que compétiteurs, pour pleins de choses personnelles, mais pas pour la gagne finale. Parce que si on a de l’ambition, et on en a, il faudra gagner les trois matches qui suivent derrière quoiqu’il arrive. Qu’on ait gagné celui-là ou pas. Ça ne reste qu’un match de poule.

« En 2007, on n’était pas favoris et on a réussi »

Une victoire pourrait tout de même vous permettre d’éviter les All Blacks en quarts…

Même si on entend parler d’éviter une autre équipe, je pense qu’à ce stade de la compétition il n’y a pas de match facile. Lors de la dernière Coupe du monde en 2007, tout le monde nous voyait perdants : on était en France et on était venus jouer à Cardiff contre une équipe qui avait mis 300 ou 400 points en quatre matches… Pour le coup on n’était vraiment pas favoris et on a réussi. On aura le temps de se pencher sur notre adversaire. On est concentrés sur ce match-là, on a envie de continuer notre progression et une fois que ce match sera passé, on aura une deuxième compétition qui commencera.

N’est-ce pas tout de même une source de motivation ?

La motivation, c’est de battre l’Irlande. Mais ce n’est pas de battre l’Irlande pour ne pas affronter les Blacks. C’est de battre l’Irlande parce que chaque fois qu’on rentre sur le terrain, on a envie de gagner. Battre l’Irlande parce qu’à chaque fois qu’on a joué contre eux depuis trois ou quatre ans, on a perdu. Battre l’Irlande parce qu’on est des compétiteurs, que c’est une équipe de haut niveau et qu’on a envie de montrer qu’on existe à haut niveau. C’est notre seule motivation.

Après le Canada et la Roumanie, vous jouez une équipe du top 7 mondial : cela change-t-il quelque chose pour vous ?

On n’a pas de curseur. On ne se dit pas « ce sont les Irlandais, on va mettre 100%, les Italiens on va mettre 80% ». Non, on est toujours à fond et on essaie de toujours rendre la meilleure des copies. Aujourd’hui c’est l’Irlande qui se présente. Bien sûr que ce sera un niveau au-dessus mais on ne sera pas plus motivés en rentrant… Quand on joue pour la France, par nature on est à fond ! On ne va pas déroger à la règle. Après c’est sûr que tactiquement et rugbystiquement ça va être différent à préparer parce qu’il y a énormément de choses en plus auxquelles il faut faire attention. C’est une équipe tactiquement très forte, techniquement aussi et ils ont des joueurs de grande classe.

« Entre être nul ou flamboyant il y a six points d’écart »

A quel niveau situez-vous les Bleus par rapport à l’Irlande ?

Je pense qu’on a réduit l’écart. Et je pense surtout que dans le sport de haut niveau, quel que soit ce que tu as fait avant, quand arrive l’heure du match, il faut le démontrer une nouvelle fois. Tout est remis en question tout le temps. C’est ce qui fait qu’on a beaucoup d’admiration pour une équipe comme les All Blacks et les équipes qui sont là dans la durée. Ce qui est difficile, c’est de rééditer les exploits. Ce n’est pas ce que tu as fait dans le passé qui te garantit un futur rose. L’équipe d’Irlande ne déroge pas à la règle. Et l’équipe de France non plus.

Donc c’est 50-50…

Comme tous les matches de rugby. On dit que l’Irlande a un jeu flamboyant. Je sais que ce jeu l’a fait gagner 44-10 contre une Roumanie remaniée et qui a joué quatre jours auparavant. Et que notre jeu, qui est nul et qui manque de fluidité, nous a fait gagner 38-11 face à une Roumanie qui rentrait dans la compétition. Au final, entre être nul ou flamboyant il y a six points d’écart. C’est juste pour te dire que tout ça, ce ne sont que des mots et qu’à un moment il faut des actes. J’espère qu’il y en aura dimanche (11 octobre).

Votre cote d’amour dans la presse vous préoccupe-t-elle ?

Non, moi j’ai beaucoup d’amour dans ma vie donc je n’en manque pas ! (rire) Je ne m’occupe pas de ça. Je ne me lève pas tous les matins en me demandant ce que va dire la presse. Aujourd’hui on se lève tous les matins pour essayer d’être meilleurs que la veille et gagner cette compétition. Le reste, ça nous passe au-dessus de la tête. Je sens beaucoup de soutien de la part des Français et on est fiers de ça. Après, savoir ce qui se dit sur nous, on s’en fout, ça ne fait pas gagner les matches.

W.T