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Coupe du monde féminine: les Black Ferns, l’autre emblème du rugby en Nouvelle-Zélande

Adversaires des Bleues en demi-finale de Coupe du monde (samedi, 7h30), les internationales néo-zélandaises - les Black Ferns - représentent l’excellence du rugby mondial depuis des décennies, à l’image de leurs homologues masculins, les All Blacks.

Les comparer est chose facile. All Blacks, Black Ferns, deux équipes au sommet de leur art dans leur discipline. Pourtant, l’histoire des femmes est plus complexe. Moins de financement, moins d’exposition médiatique, beaucoup moins de fans que pour leurs homologues masculins, le chemin n’a pas été pavé d’or pour atteindre les sommets. Mais aujourd’hui, grâce à une reconnaissance récente de son potentiel, le rugby féminin en Nouvelle-Zélande évolue à vitesse grand V, à l’image de leur équipe nationale.

Un palmarès qui parle pour elles

Depuis la première édition en 1991, la Coupe du monde de rugby féminine a eu lieu 8 fois. La Nouvelle-Zélande a été couronnée à 5 reprises (1998, 2002, 2006, 2010, 2017), dont trois fois contre l’Angleterre. Ce règne mondial est frappant. Durant près de 20 ans, les quintuples championnes du monde n’ont échoué qu’une seule fois à ramener le titre à la maison.

Cette équipe affiche aussi une régularité impressionnante à travers les générations. En tout, les Black Ferns comptent 84,96 % de victoires. À côté de ça, les All Blacks sont à près de 77 %, mais certes, avec beaucoup plus de matchs à leur compteur. Pour en revenir aux principales intéressées, la France est l’équipe qui plombe le plus le pourcentage de victoires des Black Ferns avec seulement 55 % de succès.

Des modèles à suivre pour les jeunes joueuses de rugby

Au pays, l’arrivée de moyens financiers et de contrats professionnels pour les joueuses ont rebattu les cartes de la scène rugby. Un cinquième des licenciés néo-zélandais sont des femmes, et tout est train de se mettre en oeuvre pour développer le rugby féminin, à l’image de la petite sœur du Super Rugby, le Super Rugby Aupiki, qui voit quatre franchises s’affronter : les Blues, les Chiefs Manawa, le Matatū, basé à Christchurch, et les Hurricanes.

Dans les clubs de rugby féminin, cet engouement autour des Black Ferns donne des exemples à suivre pour les jeunes filles. "Ce sont des modèles pour les jeunes joueuses, elles sont allées plus loin que tout le monde. Nous voulons suivre leurs pas, prendre le chemin qu’elles ont tracé pour les jeunes générations", confie Milahn Ieremia, joueuse du Ponsonby Rugby, dans la banlieue d’Auckland.

Un soutien grandissant, qui s’est accéléré pendant la Coupe du monde

Un symbole de cet engouement, c’est bien évidemment cette Coupe du monde organisée au pays du long nuage blanc, la première dans l’hémisphère sud. Chaque rencontre des Black Ferns a vu les travées des stades se remplir de supporters impatients de voir Ruby Tui et Portia Woodman transpercer les défenses adverses. 

Au-delà des Black Ferns, cette Coupe du monde 2021 a montré le vrai potentiel du rugby féminin dans les années à venir. Pour la journée d’ouverture, 34.235 personnes étaient réunies simultanément à l’Eden Park pour assister à Australie-Nouvelle-Zélande, le record absolu pour un match de rugby féminin. Ce samedi, pour la demi-finale contre la France, Ruahei Demant et ses coéquipières pourraient à nouveau battre ce record.

Gauthier Baudin