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FFR: Flessel veut entendre la version de Laporte

Laura Flessel, la ministre des Sports, a annoncé au micro de RMC Sport qu’elle allait demander à sa directrice de cabinet de rencontrer Bernard Laporte, afin d’y voir un peu plus clair sur la troublante affaire impliquant le président de la Fédération française de rugby et celui de Montpellier, Mohed Altrad.

Près de deux semaines après les révélations du Journal du dimanche, l’affaire Altrad-Laporte continue d’agiter le monde du rugby. Ce samedi, L’Équipe a apporté de nouveaux éléments, à propos desquels Laura Flessel, la ministre des Sports, a réagi au micro de RMC Sport.

"J'ai demandé à ma directrice de cabinet de se rapprocher (de Bernard Laporte) pour comprendre les différents articles qu'il y a eu dans les journaux, a affirmé la ministre. J'attends leur retour. On passe par ce travail de prise de contacts par la directrice de cabinet, après on en reparlera. Pour le moment, il n'y a pas d'attaque, pas de demande de justice, du coup on va laisser faire les choses en fonction de ce que le président me répondra. La première étape, c'est de parler au président de la Fédération, d'écouter ce qu'il dit et on verra par la suite."

Potentiels conflits d'intérêts

Pour rappel, le JDD avait révélé l’existence de relations d’affaires assez troublantes entre Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby, et Mohed Altrad, celui de Montpellier. Un contrat avait été signé en février dernier entre la société Altrad Investment Authority et BL Communication, les deux sociétés étant gérées par les deux protagonistes de l’affaire. Altrad aurait versé 150 000 euros à la société de Laporte. Une relation commerciale entre les deux hommes qui avait posé question, sur fonds de potentiels conflits d’intérêts.

Le JDD avait aussi fait mention d’un contrat passé entre Altrad et la FFR, faisant du président montpelliérain le premier sponsor maillot du XV de France, et qui serait assorti d’une clause obligeant la FFR à "ne rien faire qui puisse porter préjudice de quelque façon que ce soit à l'image et la réputation d'Altrad".

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Une démission qui interroge

Les décisions de la Commission d’appel de la FFR, entre le 29 et le 30 juin, avaient à la lumière de ces révélations, été entourées de soupçons. L’appel du club de Montpellier y avait été examiné, au sujet des sanctions infligées au club par la Ligue nationale de rugby (LNR) début juin. Les suspensions initialement prononcées le 29 juin, validant la décision en première instance de la LNR (six semaines de suspension pour Jannie Du Plessis, quatre pour Jacques Du Plessis, un match de suspension pour l’Altrad Stadium et 70 000 euros d’amendes pour des banderoles), avaient ainsi été assouplies de manière conséquente le lendemain. Le stade n'était plus suspendu, l'amende n'était plus que de 20 000 euros et les suspensions avaient été réduites d'une et deux semaines. 

Pourquoi un tel changement? L’Équipe révèle ce samedi que l’un des trois membres de la Commission d’appel aurait "passé un coup de téléphone à un autre, lui demandant de reprendre la décision". L’un de ces trois membres aurait par la suite démissionné, sans que l’on sache qui. Pour l’instant.

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TB avec MC