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Irlande-France : la nouvelle leçon prise par les Bleus en quatre points

XV de France

XV de France - AFP

Le XV de France n'a pas su résister à l'Irlande, dans son quatrième match du Tournoi des Six Nations ce dimanche (26-14). Trop puissant, le XV du Trèfle a corrigé les Bleus de Jacques Brunel, à peine sauvés par deux essais tardifs. Les quatre enseignements de cette nouvelle triste défaite tricolore.

Il n’y aura pas eu de surprise, ni même franchement d’espoir. Largement battus par l’Irlande à Dublin malgré deux essais tardifs (26-14), les joueurs de Jacques Brunel n’auront pas fait fructifier leur victoire encourageante contre l’Ecosse (27-10).

Dominés physiquement, écrasés en première période, durant laquelle ils ne sont pas une seule fois entrés dans les 22 mètres irlandais, les Français ont encaissé quatre essais à l’Aviva Stadium. Ils rentrent bredouille et devront laver leur honneur samedi, à Rome, contre l’Italie en match de clôture de leur tournoi des Six Nations (13h30). Comme l'an passé, les Bleus n'ont pas su se défaire des Irlandais (13-15) et concèdent une troisième défaite en quatre matchs. Les quatre enseignements de cette piteuse prestation livrée contre le XV du Trèfle.

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Même noyée, la jeunesse française n’abdique pas

Romain Ntamack (20 ans) illustre cette tendance. Bien sûr il a, comme tous les Français, pris le bouillon en première période. Pas dans les bonnes dispositions pour assurer le jeu vers l’avant des Tricolores, le Toulousain aura été à l’initiative du léger rebond à la reprise. Prompt à donner des consignes en plein naufrage, l'ouvreur sauve les meubles à la 72e minute, en manœuvrant parfaitement Kearney qui partait seul à l’essai.

A ses côtés, Antoine Dupont a de nouveau été intéressant. Fort de 28 plaquages, le Lyonnais Félix Lambey tout autant. Damien Penaud, auteur de la passe pour Thomas Ramos sur l’essai refusé aux Français (6e, pour un en-avant de Penaud), a de nouveau montré ses aptitudes dans le jeu aérien. Mais il a souffert défensivement.

L’ancien Racingman Sexton leur a tout fait

Comme un symbole, un ancien du Top 14, Jonathan Sexton, s’est rappelé au bon souvenir des Français ce dimanche. L’ouvreur irlandais a tout fait aux Tricolores. Fort d’une réussite presque impeccable au pied (3/4), l’ancien du Racing (2013-2015) a envoyé du jeu tout du long du récital irlandais lors du premier acte.

Sexton (82 sélections) s’est aussi offert un bel essai, son dixième avec le Trèfle (30e). En jambes sur le redoublement avec Murray, il a profité de la glissade de Huget pour passer entre Bastareaud et Ramos plein-centre, trop laxistes sur l’ouvreur. Seul bémol, son échec à transformer, dans une position assez peu compliquée, l’essai de Conan (38e).

Petit sursaut d’orgueil tricolore en seconde période

Seul et unique motif d'espoir, l’entame de seconde période des joueurs français. Sonnés pendant quarante minutes, les hommes de Jacques Brunel ont tenté de mettre en œuvre le discours révolté de leur sélectionneur à la mi-temps. A la clé, une première percée dans les 22 adverses (46e) et quelques minutes de présence dans la zone de vérité irlandaise. Une maigre consolation, tant les Irlandais ont repris les commandes ensuite. Les Français n’ont provoqué aucune faute intéressante et n’ont même pas pu sauver les meubles au pied durant leur lente agonie.

Les essais tardifs signés Huget (78e) puis Chat (80e) permettent tout de même aux Bleus d’accrocher une très symbolique "victoire" en seconde période (14-7). Ils sauvent les apparences mais ne font pas oublier leur incapacité à résister aux impacts, et à mettre la main sur le ballon face à une équipe dominante. Surtout que l’Irlande a beaucoup fait tourner dès l’heure de jeu. "En fin de match, les Irlandais ont un peu baissé le pied, le match était plié. Les Français ont poussé pour essayer de sauver l'honneur et y sont parvenus, mais la photographie, le révélateur du match, c'est le 26-0, pas le 26-14", a jugé notre consultant Thomas Lombard à l'issue de la rencontre.

Des blessures symptomatiques

Les nombreuses blessures ont été le symptôme apparent de l’ultra-domination irlandaise ce dimanche à Dublin. Après Julien Marchand, gravement touché au genou contre le pays de Galles, la France a perdu Wenceslas Lauret (11e, touché au genou, remplacé par Alldritt) puis Jefferson Poirot (17e, genou aussi, remplacé par Falgoux).

Plus tôt, Demba Ba était sorti sur protocole commotion (13e). La conséquence du travail de sape des Irlandais, trop puissants avec et sans ballon, pour des Bleus en retard et dépassés. Le staff médical ne s'est pas montré rassurant pour Lauret (Racing) et Poirot (UBB), dont le Tournoi semble terminé. 

PL