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La Champions Cup, comment ça marche ?

Le Toulonnais Carl Hayman porte le trophée de la Champions Cup, entouré des capitaines des clubs français

Le Toulonnais Carl Hayman porte le trophée de la Champions Cup, entouré des capitaines des clubs français - AFP

L’European Rugby Champions Cup débute ce vendredi avec le match entre les Harlequins et Castres (20h45). Une nouvelle compétition organisée par l’EPCR (European Professional Club Rugby) et qui remplace la défunte H Cup. Avec un format resserré, une compétitivité augmentée et des retombées économiques plus grandes, cette Coupe d’Europe nouvelle formule a de quoi séduire.

Une nouvelle institution

Tout a changé ou presque dans cette Coupe d’Europe de rugby. Le nom, le trophée et surtout l’organisateur. Le putsch estival des Anglais et des Français visant à prendre le contrôle des coupes d'Europe a finalement réussi. Organisatrice de la compétition depuis 19 ans, la très « celte » ERC (European Rugby Cup) a été supplantée par l’EPCR (European Professional Club Rugby), dont le siège est basé à Neuchâtel (Suisse). Le directeur général de l'EPCR est Jacques Pinault, l'ex-dirigeant de Michelin et de Clermont. Trois représentants des trois grandes ligues sont au-dessus de lui : René Fontès (ex-président de Clermont) pour la LNR, Bruce Craig (président de Bath) pour la Premiership et Paul MacNaughton (Ligue celte). Le président n'est en revanche toujours pas nommé. Les profils sont en ce moment même étudiés et l'élection devrait intervenir avant la fin de l'année.

Une compétition encore plus relevée

Le niveau de la Coupe d’Europe va encore monter d’un cran avec la création de cette Champions Cup, une compétition d’élite resserrée à laquelle 20 clubs seulement participeront (contre 24 pour la H Cup). Les cinq groupes sont donc extrêmement homogènes et relevés. Les équipes qui finiront en tête de leur poule seront qualifiées pour les quarts de finale, tout comme les trois meilleurs deuxièmes. La finale aura lieu à Twickenham (Londres), le 2 mai 2015.

Avec cette formule, les « Celtes » découvrent la méritocratie puisque jusqu'à la saison dernière, Ecossais, Irlandais, Gallois et Italiens avaient l'assurance de qualifier quasiment toutes leurs équipes ou provinces pour la H Cup, ce qui était inéquitable avec les compétitions anglaises et françaises, véritables courses « à la vie, à la mort » pour la qualification. Le resserrement de l'élite, s'il garantit tout de même une équipe minimum en Champions Cup par nation de la Ligue celte, va rendre le Rabo12 (ex- Celtic League) terriblement plus attractif et serré.

Une plus grande visibilité

Cette coupe d’Europe new-look aura une énorme visibilité. En France, beIN Sports a raflé la mise des droits TV au nez et à la barbe de Canal +, pour quatre ans et contre près de 20 millions d'euros par saison. Même si la somme est éloignée du prix de réserve (27 millions d’euros), c’est quand même beaucoup mieux que les 14,5 millions d’euros sous l’ère de l’ERC. France Télévisions est resté dans la danse mais n'aura plus qu'un match par journée, le dimanche après-midi, et les phases finales concernant les clubs français. Au Royaume-Uni, BT Sport et Sky ont mis 28 millions d'euros sur la table pour l'intégralité des droits.

Une formule qui rapporte plus

Sur les cinq préalablement espérés, un seul partenaire principal a signé. Il s'agit de l'ancien sponsor éponyme de la compétition, le brasseur Heineken. Mais l'augmentation des droits TV permet à Jacques Pinault, malgré l’absence de signatures de sponsors, de garantir au moins autant de dividendes que l'an passé, soit au moins 55 millions d'euros. Le chiffre évoqué de 80 millions d'euros semble en revanche trop compliqué à atteindre dès cette première année de la nouvelle formule. « On redistribuera plus que l’on a distribué par le passé », assure toutefois le directeur général de l'EPCR.

Les poules :

Poule 1 : Saracens, Munster, Clermont, Sale.
Poule 2 : Leinster, Castres, Harlequins, London Wasps
Poule 3 : Toulon, Leicester, Ulster, Llanelli
Poule 4 : Glasgow Warriors, Montpellier, Bath, Toulouse
Poule 5 : Northampton, Racing-Métro, Ospreys, Trévise

la rédaction avec LD