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Mort de Christophe Dominici: "On n'a pas mesuré dans quel tracas il était", regrette Moscato

Vincent Moscato a rendu un nouvel hommage très ému à Christophe Dominici, son ancien partenaire au Stade Français disparu tragiquement mardi. L'ancien talonneur, animateur vedette sur RMC regrette de ne pas avoir décelé la profonde souffrance l'ancien ailier.

Les phrases se concluent parfois dans un sanglot étouffé. Au lendemain de l'annonce de la mort tragique de Christophe Dominici, Vincent Moscato a rendu un nouvel hommage très fort à son ancien partenaire pendant deux saisons au Stade Français (1997-1999). L'ancien talonneur, animateur du Super Moscato Show chaque jour sur RMC (15h-18h), a rappelé toute l'affection qu'il portait à l'ailier après avoir appris sa mort brutale en direct pendant son émission mardi.

"C’est difficile, brutal, violent, c’est quelqu’un qu’on aimait, explique-t-il ce mercredi dans Apolline Matin sur RMC. Tu traverses ta carrière avec beaucoup de gens mais tu t'en souviens de peu parce que tu connais plusieurs clubs. La vie, c'est comme ça. Mais lui faisait l’unanimité de l’amitié. Il était tellement fougueux, imprévisible. Il pouvait faire basculer n'importe quelle rencontre. On ne l'aimait pas seulement sur le terrain, c’était un homme de vie exceptionnel."

"C'est tellement imprévisible que personne n'y peut rien"

Le tourbillon médiatique a abimé le joueur qui était tombé en dépression quelques mois après son exploit face à la Nouvelle-Zélande lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1999. "Il faut être costaud pour affronter ça, reconnait Vincent Moscato. Ce qui lui est arrivé (sa dépression post Coupe du monde, ndlr) était imprévisible. On était en 1999-2000, c'est un joueur qui sort de l'anonymat et l'un des premiers grands médiatisés. Ça lui a apporté beaucoup de choses et peut-être qu'il a perdu un peu pied à un moment. Mais c'était il y a 20 ans et il a construit sa vie d'homme. Je crois qu'on n'a pas mesuré dans quel tracas il était pour en arriver à cette violence ultime. C'est un regret et ça nous est déjà arrivé, hélas, par le passé avec d'autres joueurs. Mais c'est tellement imprévisible que personne n'y peut rien. C'est tellement triste."

"On est dans un milieu de combat collectif et ce qui fait peur ressert, poursuit-il. On a des attaches entre nous qui sont très fraternelles et que l'on ne connaît pas après dans la vie. Ce n'est pas du tout le showbiz le rugby. Tu panses tes plaies, tu es souvent blessé. On peut parler de l'après-carrière mais ça vaut aussi pour celui qui perd son travail. Dans le rugby, avec l'adrénaline, ça monte très haut et la descente est parfois un peu compliquée." 

"Des fois, on s'est dit: 'Christophe ne va pas très bien'"

"Dans la vie aussi, il y a des malheurs et là, c'est notre ami qui est parti et c'est d'une violence terrible parce que..., ajoute-t-il sans parvenir à conclure sa phrase, submergé par l'émotion. Christophe avait probablement des fêlures mais rien ne laissait penser à l’imprévisible. Ou alors, on se refuse de le penser mais nous ne sommes pas psychologues ou psychiatres et on ne peut pas anticiper l’horreur. On est démuni par rapport à ça. Des fois, on s'est dit: 'Christophe ne va pas très bien, on ne sait pas ce qui se passe'. Oui, on se l'est dit mais il était tellement entier avec une virulence et un enthousiasme incroyables. Il bouffait la vie. Il allait très fort sur le terrain mais aussi en dehors avec les autres. On l'aimait beaucoup Christophe."

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de sa mort. Selon les premiers, Christophe Dominici a été aperçu en train de monter, puis de chuter d'un muret d'un bâtiment désaffecté du Parc de Saint-Cloud, proche de Paris. Il est tombé d'une dizaine de mètres et son décès a été constaté à 15h05. L'enquête ne révèle pas la présence ou l'intervention d'un tiers. Deux pistes sont donc principalement étudiées: chute volontaire ou involontaire

NC