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Biarritz: "Si on délocalise, le club est fini", la maire Arosteguy répond à Aldigé

Les dirigeants du BO n’écartent pas la possibilité de délocaliser l’équipe professionnelle, comme l’a confirmé le président Jean-Baptiste Aldigé dans le Super Moscato Show ce vendredi. Contactée par RMC Sport, la maire biarrote Maider Arosteguy estime que cela n’a aucun sens. Elle dit vouloir se battre pour l’avenir du club basque en trouvant de nouvelles solutions.

Maider Arosteguy, quelle est votre réaction aux propos de Jean-Baptiste Aldigé sur RMC dans le Super Moscato Show?
Je ne suis pas une spécialiste du rugby, comme peuvent l’être le président Aldigé ou des professionnels comme Serge Blanco. Je suis une amatrice, une supportrice, et pour moi, le rugby, ce sont des valeurs. Certes, il y a aussi un aspect technique, avec le bon geste au bon moment. Mais le rugby n’est pas un sport comme les autres. Ce n’est pas le football. C’est un sport avec un savoir être, aussi un lien social qui unit les gens avant, pendant et après les matchs. C’est ancré dans l’histoire du Pays Basque et de Biarritz. Pour moi, dire que l’on va délocaliser un club, cela n’a aucun sens. Le club est ancré dans un territoire. Il a de la valeur pour ses résultats, mais aussi ce qu’il transmet, pour ses valeurs de partage et de respect. Déjà qu’on s’en est quand même pas mal éloigné… Si on délocalise, le club est fini selon moi. Peut-être qu’il y aura toujours ses salariés, mais le club sera mort…

Avez-vous évoqué ce sujet avec Jean-Baptiste Aldigé?
Oui, le président m’a appelé à deux reprises et on a échangé là-dessus. Il m’avait demandé de prendre une décision le 15 février (ndlr: sur la réhabilitation du plateau d’Aguiléra). La mairie ne s’est pas désengagée du projet. La mairie avait décidé qu’elle allait travailler avec le club sur des chiffres, ainsi qu’un modèle financier et administratif. L’actionnaire avait déjà dit qu’il ne voulait pas investir un euro et que ce projet allait être financé par un consortium. En réalité, on a découvert, une fois que les chiffres ont été posés, que c’était l’argent public. L’argent de la ville de Biarritz allait être utilisé pour qu’un club privé puisse avoir un modèle économique. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises privées qui se font financer leur outil de travail par le contribuable.

Le BOPB a-t-il encore un avenir? La municipalité va-t-elle encore soutenir le club?
En tant que maire de Biarritz, en tant que Biarrotte et en tant que porteuse de cette histoire, je n’abandonnerai pas le BO. On va se battre pour trouver des solutions, peut-être pas les solutions d’avant, selon lesquelles la mairie remettrait encore de sa poche. Depuis 2014, la mairie a déjà remis 7,5 millions d’euros. Mais effectivement on va être à la recherche de partenaires. La porte n’est pas fermée. Le dialogue continue avec le club. Oui, on va se battre et je ne vais certainement pas laisser partir le club, ni le laisser péricliter.

Une délocalisation de l’équipe professionnelle, comme évoquée par les dirigeants du BO, est-elle vraiment impossible selon vous?
C’est impossible dans les circonstances actuelles, puisque la licence est entre les mains du club amateur BO rugby, financé en grande partie par l’argent public. Là encore avec une généreuse subvention. Je ne vois pas pourquoi le président du BO rugby amateur irait permettre à un club professionnel de se délocaliser, c’est-à-dire de l’éloigner de sa raison d’être, de son territoire et de son ancrage.

Craignez-vous malgré tout une possible disparition du BO?
Certainement pas. Il n’y aura pas de disparition du Biarritz Olympique. On va se battre. J’aurai les Biarrots avec moi. On va trouver des solutions et on y arrivera.

Jean-François Paturaud