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Biarritz: "Soit la société est liquidée, soit on s’en va", explique le président du BO

Invité ce vendredi du Super Moscato Show sur RMC, Jean-Baptiste Aldigé, président du Biarritz Olympique, a confirmé les informations de RMC Sport. Après l’annonce de la mairie biarrotte de se désengager du projet de réhabilitation du plateau d'Aguilera, l’avenir du club est flou et pourrait s’écrire ailleurs qu’à Biarritz.

Et si l’équipe professionnelle de Biarritz était délocalisée? Comme révélé jeudi par RMC Sport, l’avenir du BO, actuel troisième de Pro D2, est pour le moins incertain, après l’annonce de la mairie biarrotte de se désengager du projet de réhabilitation du plateau d'Aguilera. L'avenir de la structure professionnelle pourrait s’écrire ailleurs qu’à Biarritz. Invité ce vendredi du Super Moscato Show sur RMC, le président du club Jean-Baptiste Aldigé a confirmé ces informations et fait le point sur ce dossier.

"Il y avait un médicament qui s’appelle Aguilera"

"Il y a trois ans, le Biarritz Olympique était en faillite. On a accepté le challenge d’essayer de le relever. Pour cela, il y avait un médicament qui s’appelle Aguilera: la construction d’un stade mais à l’intérieur de ce stade il y avait des surfaces commerciales qui devaient permettre au BO d’équilibrer ses comptes et d’exister, sans avoir besoin de la participation annuelle d’un mécène. Pendant trois ans, il y a eu les mots d’une municipalité, sans rien de très concret. Il y a eu les élections municipales en juin avec une candidate Les Républicains, Maider Arosteguy, qui a été élue en grande partie parce qu’elle soutenait ce projet. Ça fait huit mois. On doit lui rendre le mérite d’avoir enfin poser les chiffres sur la table. On est arrivés à un projet Aguilera sur un tableau Excel. Lundi dernier, elle a pris la décision de ne pas le faire", a-t-il détaillé.

Pour les dirigeants du BO, la décision de la maire Maider Arosteguy représente un gros coup de massue. Ils avaient lié la pérennisation du club à l’exploitation commerciale de ce dossier... qui n’aboutira donc pas.

"La mairie a déclaré que c’était un projet BO à 66 millions d’euros, ce qui n’est pas vrai. Il est de 26 millions d’euros avec un centre de formation et d’entraînement, et un stade. Le reste, c’est 40 millions d’euros pour les associations. La mairie devrait supporter une part de 26 millions d’euros, qui viendraient de la vente de 350 appartements que la marie souhaite construire et vendre. Il a toujours été question, par les précédentes municipalités, que l’argent de la vente des terrains et des appartements aille rénover le plateau public d’Aguilera. A priori, la mairie a choisi d’orienter le résultat financier de ces 350 appartements vers d’autres opérations", a souligné Jean-Baptiste Aldigé sur l’antenne de RMC.

"La priorité est de préserver les 100 emplois du BO"

En coulisses, la situation est donc tendue. "Lundi, au-delà de la décision de ne pas faire ce stade, la maire de Biarritz a annoncé que la ville n’avait pas les moyens d’assumer un club de rugby professionnel. On est une société avec 100 salariés, on doit payer des salaires. Quand une maire de ville dit qu’elle n’aidera pas cette société: on a deux choix. Soit cette société est liquidée, soit elle s’en va en essayant de trouver des territoires plus propices pour lui permettre de continuer cette activité. J’ai appris les choses avec beaucoup de surprise lundi. Il y a beaucoup de réflexion depuis avec mes administrateurs et des historiques comme Serge Blanco. La priorité est de préserver les 100 emplois du BO", a précisé Jean-Baptiste Aldigé.

" Fusionner avec Bayonne? Absolument pas"

Une nouvelle ville, française ou basque, pourrait-elle fusionner avec l’engagement professionnel du BO? "Saint-Sébastien? C’est possible. Délocaliser une entreprise de rugby n’est pas différent de délocaliser une entreprise de prêt-à-porter par exemple qui n’a plus d’activité sur un territoire. On ne parle plus de couleurs ou de résultats sportifs, ça dépasse ça. Fusionner avec Bayonne? Absolument pas. Bayonne n’a pas besoin de ça, Bayonne a le soutien de son territoire et de sa municipalité. Est-ce qu’on est sûrs de continuer la saison prochaine? Non. Pour que ça continue, il faudrait que l’actionnaire fasse encore une fois un effort de deux ou trois millions d’euros. Dans quel but?", a conclu Jean-Baptiste Aldigé. Comme expliqué par RMC Sport, les dirigeants biarrots et étudient toutes les possibilités pour ne pas fermer le club.

RR avec JFP