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Rugby à 7 (TQO): les femmes rient, les hommes pleurent

Ce week-end au stade Louis II de Monaco était synonyme de dernière chance pour les équipes de France afin de décrocher un billet pour Tokyo en rugby à 7. Si les filles embarqueront pour Tokyo, les garçons resteront à quai.

Ils s’avançaient sûrs de leur force mais sont tombés de haut. Les Bleus du rugby à 7 ne passeront pas l’été en terres nipponnes, ce pour quoi ils travaillaient depuis un an et demi. Après une phase de poules remportée haut la main et une demi-finale maîtrisée ce week-end au Tournoi de qualification olympique de Monaco, les coéquipiers du capitaine Jean-Pascal Barraque ont chuté en finale face à "l’autre favori", l’Irlande (28-19), emmenée par ses flèches Terry Kennedy et Jordan Conroy. "C’est le rugby à 7 avec ses matchs à couperet, je pense que l’Irlande fera mal aux Jeux, analysait Jérôme Daret, l’entraineur du VII de France. Je suis fier de ces gars, ils ont du cœur, du tempérament, ils ont tout livré dans la bataille mais dès qu’on loupe une action, on prend cher derrière." Au coup de sifflet final, alors que le VII du Trèfle était en liesse, s’affichant fièrement devant un panneau "Qualifiés", les Bleus étaient à terre.

L’or en 2024, la promesse de Jean-Pascal Barraque

Antoine Zeghdar, le local de l’étape, si fier de jouer à Louis II devant ses proches, rejoignait ces derniers dans les tribunes, en larmes, alors que Terry Bouhraoua qui jouait là son dernier match international, en descendait les yeux rougis. Jean-Pascal Barraque a dû trouver les mots. "On tombe de très haut car cette place était pour nous. On fait notre plus mauvais match en finale, peut-être par un manque d’opposition avant ça, regrettait le capitaine. Mais je leur ai dit que j’étais très fier d’eux d’avoir joué ce tournoi à leur côté, qu’on va encore bosser et qu’en France 2024, il n’y aura pas de qualifs donc on va se rattraper et on ira chercher une médaille d’or." L’avenir, l’entraineur Jérôme Daret le voit lui aussi radieux: "On se construit là-dedans, on doit grandir. On ne va pas s’effondrer, au contraire, on doit se nourrir de tout ça. Cette équipe grandit, elle avance, elle est passée de la 13e à la 6e place mondiale."

Les filles en mode bulldozer

De leur côté, les coéquipières de Fanny Horta n’ont pas fait de détails. Intraitables dans le jeu offensif, les filles de David Courteix n’ont pas encaissé le moindre point sur l’ensemble du tournoi. "C'est très satisfaisant mais il y a toutes les choses à améliorer, souriait l’ailière Shannon Izar. On est un peu éternellement insatisfaites mais c'est ce qui fait que contre d'autres équipes, ça marchera mieux." En évitant le faux-pas, les Bleues ont pu s’empêcher de croiser la route de la Russie, autre favorite (également qualifiée) et la demi-finale face à des Hong-kongaises déjà broyées en phase de poules (55-0), n’était qu’une formalité (51-0).

Séraphine Okemba et ses collègues s’offraient alors un tour d’honneur, répondant par des gestes de mains aux supporteurs clamant leur bonheur. "Il fallait qu’on prenne conscience qu’on avait fait de gros progrès, qu’on était vraiment une belle nation, qu’on avait eu le temps de travailler ensemble et que ça allait payer, expliquait avec enthousiasme la capitaine Fanny Horta. Maintenant, c’est la même aventure qui continue. On a construit quelque chose avec cette équipe, c’est le prolongement d’une histoire." Le tirage au sort des groupes pour le tournoi olympique se tiendra le 28 juin (10h) et peu importe le groupe qui leur sera réservé, ces Bleues-là ne craignent personne.

Clément Brossard