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Serge Blanco se souvient du racisme en Afrique du Sud au début des années 80

Invité du RMC Sport Show Revival ce dimanche, l'ancien arrière du XV de France, Serge Blanco, s'est souvenu de son premier match en Afrique du Sud en 1980, en plein apartheid. Une rencontre au cours de laquelle il avait été la cible de gestes déplorables...

C'était il y a 40 ans, mais il n'a rien oublié. Alors que le monde du sport s'est mobilisé dernièrement pour soutenir la lutte contre le racisme, l'ancienne star du XV de France, Serge Blanco, s'est lui souvenu dans le RMC Sport Show Revival d'une triste époque: celle de l'apartheid.

Le 8 novembre 1980, à Pretoria, l'arrière avait connu sa première sélection avec les Bleus en Afrique du Sud. Dans un contexte déplorable... "Derrière les poteaux on m’avait lancé des oranges, donc j’avais eu la gentillesse d’en ramasser une, de l’éplucher et de la manger, se rappelle-t-il avec ironie. Ça m’avait fait du bien. C’était une forme de défi, sans vraiment combattre ces gens-là."

Mais les spectateurs n'étaient pas les seuls fautifs. "J’avais joué contre un garçon qui s’appelait Errol Tobias, poursuit Blanco. Et Errol Tobias, qui était le premier véritable Noir à avoir joué pour l’Afrique du Sud, était peut-être un petit peu plus raciste que tous les Blancs réunis… Lui s’était permis ce jour-là de me cracher dessus."

Réconciliation en 1993

Quatre décennies plus tard, l'ancien président du Biarritz Olympique ne garde toutefois pas de rancune. "Je dois dire qu’avec tous les garçons que j’avais pu rencontrer à l’époque, nous avons aujourd’hui des relations exceptionnelles, assure-t-il. Le rugby a permis cette intégration, et d’ailleurs Nelson Mandela s’en est bien rendu compte quand il a pris sa présidence, en allant vers le sport des Blancs pour unifier, au moins sur un événement, toute l’Afrique du Sud."

S'il n'a plus jamais rejoué en Afrique du Sud avec les Bleus après ce fameux match de 1980, Blanco y était d'ailleurs retourné en 1993 à l'invitation de Morné du Plessis. "J’avais pu aller dans les townships, aller dans les milieux défavorisés pour parler de rugby, et tous les Springboks de mon époque sont venus, retient l'ex-international. Ça a été un tournant. J’ai vu une population noire et métisse fière, qui se sentait réhabilitée par rapport à tout ce qu’il s’est passé."

CC