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Top 14: le cri d'alarme du président de Clermont face à la crise économique

Invité de BFM Business ce lundi, Jean-Michel Guillon a montré sa grande inquiétude pour les finances des clubs de rugby. Alors que l'épidémie de coronavirus dure, obligeant les matchs professionnels dont ceux de Top 14 à se disputer à huis clos, le président de Clermont a tiré la sonnette d'alarme.

L'épidémie de coronavirus touche profondément le monde du sport, et notamment le rugby professionnel, qui doit faire face à des pertes financières depuis l'instauration du huis clos. Invité sur BFM Business ce lundi, Jean-Michel Guillon, président de Clermont (Top 14), s'est inquiété des conséquences désastreuses à venir pour les finances de son club.

"Le rugby prend une place centrale dans la vie économique de la région, et aujourd’hui tout s’arrête, rappelle Jean-Michel Guillon. La billetterie et le partenariat représentent 75% du budget d’un club de rugby. Les droits télévisés apportent 17% du budget. Un match au stade Marcel-Michelin, c’est 800.000 euros de recettes que nous ne faisons pas. Vous multipliez par 16 (nombre de matchs à domicile sur une saison) et vous avez une idée de l’ampleur du désastre si nous n’obtenons pas les aides de l’état."

"Nous ne pourrons pas vivre à crédit"

Le dirigeant confie être dans l'attente pour ces aides. "Aujourd’hui on résiste à crédit, nous avons obtenu 5,5 millions d’euros de prêt garanti par l’Etat et nous tirons sur ce prêt pour le moment, précise encore le dirigeant de Clermont. Mais nous ne pourrons pas vivre à crédit. J’ai fait les comptes et d’ici février nous aurons mangé le prêt. Et ce prêt il faudra le rembourser".

Si la Ligue Nationale de rugby (LNR) avait décidé une saison blanche face au premier confinement, la nouvelle saison en cours se déroule pour l'heure à huis clos, conformément aux mesures sanitaires actuellement en vigueur en France. "Le huis clos c’est une question de vie et de mort. Nous avons besoin du soutien de l’Etat, avec le fond de solidarité, et la prise en compte d’une exonération totale de charges sociales car nous sommes bien au-delà des 50% de pertes du chiffre d’affaires", a conclu Jean-Michel Guillon, forcément assez pessimiste pour l'avenir des clubs professionnels de rugby.

GL