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Agen: "Certains joueurs n’ont plus leur place dans notre effectif", lâche le président Fonteneau

EXCLU RMC SPORT. Au lendemain de la raclée contre l’UBB (71-5), le président d’Agen Jean-François Fonteneau a choisi de se séparer de Christophe Laussucq et Rémi Vaquin. Mais l’homme fort du SUA, dernier du classement, est également très remonté contre une partie de son effectif.

Jean-François Fonteneau, pourquoi avez-vous choisi de remercier le staff de Christophe Laussucq et Rémi Vaquin?

Ce n’était évidemment pas une décision facile à prendre. Les présidents sont là dans les bons et les mauvais moments. Mon rôle était de trancher dans un contexte évidemment compliqué et anxiogène. La situation se délitait. Le comportement de l’équipe à Bordeaux et contre d’autres équipes en ce début de saison n’est pas digne de joueurs professionnels. C’est souvent facile de remercier les coachs. Il y aura d’ailleurs peut-être d’autres sanctions parce que nous avons des situations, à l’intérieur du club, qui ne favorisent pas un collectif efficace ni un renversement de table. Il fallait malheureusement prendre cette décision.

Etait-ce devenu inéluctable?

Oui, c’était inéluctable. Evidemment, on espère toujours un redressement de situation. Ce sont des situations difficiles, humainement c’est compliqué. Lorsque l’on préside une équipe, on entretient souvent des relations privilégiées avec son staff. Et c’est normal. Quand le cordon se casse, c’est terrible. Je pense à nos coachs qui n’ont pas démérité et qui ont essayé de trouver des solutions, mais qui ne les ont pas trouvées. Perdre fait partie du sport, mais perdre comme nous l’avons fait, ce n’est pas normal. L’équipe a lâché ce club, le maillot et sûrement les coachs aussi.

Sur les réseaux sociaux, samedi, vous évoquiez des sanctions financières contre des joueurs. On vous sent très remonté contre une partie de l’effectif…

Oui, trois, quatre, cinq ou six joueurs ne respectent pas leur engagement, ne s’investissent pas suffisamment, ne le font pas à l’occasion des matchs mais aussi dans leurs comportements ou leur hygiène de vie. C’est insupportable pour ceux qui s’investissent beaucoup et qui s’épuisent. Cela se traduit par un surinvestissement de certains alors que d’autres gèrent tranquillement leurs carrières. A ce titre, il y a des fractures qui se créent au sein de l’équipe. Ça devient difficile pour les coachs de manager ces situations, même s’il faut les anticiper et les canaliser. Je pense aussi aux gens qui nous soutiennent, notamment les partenaires. Et ces partenaires ont envie de voir une équipe qui se bat. Ce n’est pas normal de voir ces joueurs nantis qui profitent d’une situation de rente. Ça devient insupportable. Légalement, c’est compliqué car nous sommes sur des CDD et il est difficile de sortir des joueurs. Il faut des fautes très graves pour les sanctionner et les sortir. Mais je suis très remonté et déterminé pour aller au bout avec certains qui sont un peu à l’origine de cette situation, de ce délitement de notre groupe et des résultats que nous avons aujourd’hui.

Vous pourriez donc vous séparer de certains joueurs?

Oui, c’est fort possible. J’ai envie de faire jouer nos jeunes joueurs. Même s’ils ne sont pas encore au niveau, ils vont se battre pour le maillot et la bonne cause. Ils vont amener leur fraîcheur et leur détermination. Certains joueurs n’ont aujourd’hui plus leur place dans notre effectif.

Croyez-vous toujours au maintien?

Aujourd’hui, ça peut évidemment nous paraître très lointain au vu de nos résultats. Mais il reste 19 matchs, tout est possible. En sport, les remontada peuvent exister. On est très mal en point mais les joueurs vont se remobilser. Nous allons vivre une semaine très particulière, avant d’avoir un nouvel encadrement. Ça peut prendre un peu de temps. Nous avons une échéance importante avec la réception de Lyon le week-end prochain puis celle de Toulon. Ça se fera dans un cadre très particulier.

Avec une autogestion des joueurs?

Oui, par la force des choses, bien sûr. Il faudra la canaliser un petit peu mais nous y serons contraints dans le contexte.

JF.Paturaud