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Biarritz-Bayonne: Aldigé, le président du BO, répond au préfet sur les règles sanitaires

EXCLU RMC SPORT. Le Biarritz Olympique a décroché son billet pour le Top 14 ce samedi, dans une ambiance folle au stade Aguiléra lors du derby basque contre Bayonne. Alors que la jauge de 5.000 spectateurs devait être respectée, les tribunes étaient particulièrement remplies, à la grande colère du préfet des Pyrénées-Atlantiques qui demande des sanctions. Après une nuit de festivité et avant un barbecue à la plage avec son effectif, le président du club biarrot Jean-Baptiste Aldigé lui répond pour RMC Sport.

Jean-Baptiste Aldigé, le Biarritz Olympique a décroché son billet pour le Top 14 mais depuis samedi, on parle beaucoup de la forte affluence à Aguiléra. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Eric Spitz, a fait part de sa colère. Que s’est-il passé et pourquoi autant de monde était-il présent malgré la jauge obligatoire de 5.000 personnes maximum ?

On va faire le point avec les services. On a déjà regardé cette nuit. J’ai vu cette polémique apparaitre. La Ligue nationale de rugby organisait, en partenariat avec nous, ce match. On a regardé encore hier (samedi) le logiciel (de billets vendus) et il y avait 5.000 personnes, comprenant d’ailleurs les cinq invitations, un peu sous le manteau, que m’avait demandées le sous-préfet de Bayonne pour être au match lui et sa famille. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Moi, je retiens surtout qu’il y avait 5.000 personnes au stade qui étaient heureuses. Après l’année de Covid que l’on vient de vivre et tous les épisodes que chaque membre de la société a pu connaitre, c’était incroyable. Les gens étaient heureux. Je ne peux pas croire qu’on essaye de venir salir cette joie-là parce que c’était incroyable. Je n’ai pas encore réalisé ce qui se passe. Sur mon téléphone, j’ai beaucoup de messages qui me parlent de ça. Moi, ce que je sais, c’est que mes équipes ont organisé ça en parfaite adéquation avec les règles sanitaires. Le match est parti et il n’y a pas eu de rapport d’arbitres ou de délégués sur un dysfonctionnement de l’organisation. Je ne comprends pas. J’espère que ce n’est pas encore une façon de notre territoire bien à nous d’essayer d’exclure le Biarritz Olympique. Le Biarritz Olympique est redevenu le club référent de ce territoire. L’ordre des choses a été rétabli. On est là et j’espère qu’on ne nous empêchera pas de savourer ce bonheur.

Mais vous êtes d’accord pour dire qu’il y avait plus de 5.000 personnes au regard des deux tribunes très bien remplies ?

C’est un petit stade. En réelle capacité totale, on doit avoir 6.500 places assises. C’est d’ailleurs ce qui a nous a bien occupé ces derniers mois… On demande un nouveau stade à la mairie de Biarritz depuis trois ans. C’est bien pour ça… Quand vous enlevez les zones de presse, les zones mortes, les pesages, Aguiléra est un tout petit stade de 1975. C’est vrai que l’ambiance était impressionnante. Ça faisait du bruit, pas comme si on était 5.000 ou 7.000, mais comme si on était 25.000. Et je suis sûr qu’on était 25.000 personnes, c’est le nombre d’habitants à Biarritz, et qui ont tous poussé.

Aldigé: "Si vous avez mon numéro monsieur le Préfet, vous pouvez m’appeler"

Le préfet indiquait sur BFMTV et RMC ce dimanche matin que "les policiers sur place avaient constaté que les gens se déplaçaient et consommaient aux buvettes". Qu’en est-il pour ce point mais aussi l’envahissement du terrain après-match ?

J’ai vu cette histoire. Moi, j’ai une autorisation du sous-préfet pour ouvrir les buvettes, comme il avait autorisé l’ouverture des buvettes dans la fan-zone de Bayonne. Je suis donc surpris. Je ne sais pas ce qu'il s’est passé. J’étais dans l’engouement de la fête après le match. Là, on va aller faire notre barbecue et je regarderai tout ça lundi. On délivrera tous les documents aux autorités compétentes pour vérifier. Pour l’envahissement du terrain, c’est comme à Roland-Garros. Après 23 heures, ils ont laissé profiter du choc Nadal-Djokovic. Pour l’envahissement du terrain, je ne sais pas comment vous faites pour retenir des personnes qui attendent de remonter en Top 14 depuis sept ans. Après, c’était dans les normes, puisque les gens qui étaient là avaient un pass sanitaire. Laissez les gens vivre, laissez les gens être heureux. Ils en ont besoin.

Redoutez-vous les possibles sanctions évoquées ces dernières heures ? Allez-vous échanger directement avec le Préfet ?

Oui, s’il m’appelle. Je ne le connais pas. J’avoue que je suis un peu interloqué par la forme. Ça fait beaucoup cowboy. J’ai vu une de ses phrases à notre sujet: "Ces gens-là sont au-dessus des lois". Je ne le connais même pas. Je comprends qu’il soient un peu sous pression, qu’ils aient besoin de montrer à Paris, au pouvoir centralisé, qu’ils font l’affaire en province, qu’ils règnent sur le Pays Basque, qu’ils tiennent ça comme il faut. Si vous avez mon numéro monsieur le Préfet, vous pouvez m’appeler. On peut échanger. Il n’y a pas besoin de se tirer dessus dans la presse ou de faire des communiqués. Aujourd’hui, nous sommes juste heureux. Les Biarrots sont gais.

Savourez-vous cette remontée ?

On a fêté ça dignement dans notre stade. La nuit est toujours en cours. On va maintenant se retrouver à la plage pour un barbecue famille. On ne mesure pas encore la portée de ce qui s’est passé hier. Dans la semaine, j’avais dit que ce derby pouvait être celui du siècle. On m’avait rétorqué que c’était déjà bien si c’était celui de la décennie… Mais c’était bien celui du siècle ! Cette remontée n’a pas été facile. Voilà trois ans, on a embrassé la cause du BO qui était relégué en Fédérale 1. Et en trois ans, on a remis le BO là où il doit être dans le cœur des gens, c’est-à-dire en Top 14. On est le petit poucet qui vient de péter la porte. On est très heureux, très fiers. On a donné beaucoup de bonheur aux Biarrots et on a prouvé que la ville de Biarritz pouvait avoir un club professionnel, alors qu’on a beaucoup entendu ces six derniers mois que ce n’était pas le cas. Ce n’est pas une revanche, mais un accomplissement personnel et professionnel d’avoir réalisé en partie la mission qu’on m’avait confiée. On veut pérenniser cette équipe, la garder en activité, arriver à payer les salariés et les joueurs du club. Ce n’est pas une revanche mais une satisfaction d’avoir accompli quelque chose.

Jean-François Paturaud