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Bordeaux-Bègles: "Je m’y attendais", avoue Marti après le retour retardé du public dans les stades

Comme les dirigeants de la Ligue Nationale de Rugby et ses homologues du Top 14, Laurent Marti ne cache pas sa déception de pas pouvoir accueillir à nouveau du public, même en petit nombre, à partir du 15 décembre. Le président de l’Union Bordeaux-Bègles, qui s’attendait à cette décision, espère que la donne changera en janvier. Il s’explique pour RMC Sport.

Laurent Marti, quelle est votre réaction après l’annonce de Jean-Michel Blanquer d’un retour du public dans les stades pas avant le mois de janvier, alors que les clubs et la LNR l’espéraient pour le 15 décembre?
Franchement, je m’y attendais. On avait tenté un coup un peu désespéré parce que l’on ne comprenait pas bien pourquoi les cinémas ou les théâtres auraient pu accueillir des milliers de personnes, dans des endroits clos et un peu serrés, et pas les stades, où on l’est en plein air et où on l’a appris depuis septembre à prendre toutes les précautions nécessaires. Mais je m’y attendais, on voyait que ce n’était pas prévu et que les chiffres n’étaient malheureusement pas très bons depuis deux ou trois jours. Je sentais que ça nous pendait au nez.

Les clubs sont tributaires de l’évolution de l’épidémie…
Oui, tout à fait, mais il s’agit aussi de ne pas être trop, trop sécuritaire et il faut bien se pencher sur chaque cas. Ça me parait capital. Dans d’autres pays européens, dont l’Angleterre et l’Allemagne, du public revient petit à petit, et ça nous fait du bien à tous. Les jauges limitées, dans la mesure où l’on ne peut pas honorer les prestations des partenaires via le réceptif, ne règlent qu’une toute petite partie de l’aspect financier mais au moins ça remet un peu de vie et de bonheur. Et on en a tous besoin. C’est le regret que j’aurai : plutôt que rien, ça aurait été bien de dire « revenez à 1000 ou 2000 personnes ». Dans nos stades, avec des capacités de 15000 à 30000 spectateurs, je ne vois vraiment pas, mais vraiment pas, où est le risque. J’espère maintenant que dès début janvier on va nous dire qu’on va pouvoir recommencer à remettre du monde.

"Si on nous avait dit seulement 1.000 ou 2.000 spectateurs, je n’aurais pas râlé"

Le gouvernement travaille sur des jauges proportionnées à la capacité des enceintes sportives…
Oui, mais, même si on nous avait dit seulement 1000 ou 2000 spectateurs, je n’aurais pas râlé. On aurait déjà pris ça parce que c’était inespéré et pas prévu pour finir l’année. En revanche, ce sera différent pour janvier, j’espère que c’est la logique qui va l’emporter. Les vaccins arrivent, et globalement on voit qu’on a mis une petite claque à la deuxième vague même si c’est reparti un peu à la hausse. J’espère qu’on nous laissera retrouver un peu de monde.

Pour finir, le Ministère des Sports a officialisé le montant de 40 millions d’aides au rugby professionnel pour compenser en partie les pertes de billetterie. Parlez-vous, comme Paul Goze, d’une petite bouffée d’oxygène?
Si je prends l’exemple de l’UBB et du prévisionnel avec le déficit que nous aurions si nous devions rester à huis clos ou même si on devait vite avoir des jauges de 1000 à 5000 sans pouvoir faire les réceptifs, je pense que cette somme ne couvrirait à peine 20 à 30% de nos pertes, en fonction de la redistribution par clubs. Malheureusement, on est loin déficit qu’on creuse. Il ne faut pas oublier qu’on nous demande de jouer, et on est ravi, et de continuer à payer nos joueurs, avec toutes les charges qui vont avec. On nous dit de maintenir nos charges mais que l’on n’a plus droit à des produits, c’est comme si on demandait à un restaurant de rester ouvert sans faire payer ses clients…

Propos recueillis par Jean-François Paturaud