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Boudjellal écharpe (encore) Lorenzetti

Mourad Boudjellal et Jacky Lorenzetti

Mourad Boudjellal et Jacky Lorenzetti - AFP

Joint par RMC Sport, Mourad Boudjellal a vivement répondu à Jacky Lorenzetti, président du Racing-Métro, qui a pointé du doigt une supposée fraude à la masse salariale du RCT. Le président toulonnais assure être en conformité et renvoie son homologue dans les cordes en s’interrogeant, à son tour, sur ses pratiques fiscales.

A défaut de spectacle sur le terrain samedi entre le Racing-Métro et Toulon (victoire des Franciliens 17-10), Jacky Lorenzetti et Mourad Boudjellal ont fait le show par médias interposés. Coutumiers des accrochages sur fond d’un « je t’aime, moi non plus » qui dure depuis dix ans, les présidents respectifs du Racing et du RCT se sont de nouveau écharpés cette semaine. Quelques jours avant la rencontre, Boudjellal, adepte des phrases bien senties et des petites piques, avait titillé son homologue en s'étonnant qu'avec tout l'argent investi dans le Racing, Lorenzetti mettait du temps pour gagner un titre. A l’inverse de sa politique couronnée de succès avec un titre de champion de France (2014) et deux H Cup (2013, 2014).

Quelques instants après la victoire des siens dans la revanche de la dernière demi-finale du Top 14, Lorenzetti, l’orgueil regonflé, a demandé en substance, au micro de Canal Plus, à ce qu'une enquête soit ouverte sur une supposée triche sur la masse salariale du RC Toulonnais qui dépasserait, selon lui, le salary cap de 10 millions d’euros imposé par la LNR. Joint par RMC Sport ce dimanche, Mourad Boudjellal a assuré qu'il était en conformité avec les règlements tout en s’interrogeant sur plusieurs passe-droits dont bénéficie le Racing. En vrac : l’absence d’amende malgré un speaker qui ne respecte pas les règles, des numéros de maillots quasiment invisibles sur les tuniques des Ciels et Blancs ou encore pour un nombre (limité) de sponsors affichés sur les maillots dépassé.

Boudjellal : « Il se prend pour un chevalier blanc »

Pour Boudjellal, ces amendes non infligées par la LNR au club francilien seraient peut-être dues au passé de Jacky Lorenzetti, ancien patron pendant 25 ans de… Paul Goze, actuel président de la Ligue. Pour assaisonner sa charge, Boudjellal contre-attaque sur les contrôles fiscaux avec, dans son collimateur, Ovaldome, une holding de Lorenzetti. « Est-il d’accord pour que j’envoie un expert financier contrôler l’intégralité de sa société en France et à l’étranger, qui fait pas mal de droits d’image notamment en tant qu’ambassadeur de vins avec des joueurs ? », s’interroge le patron du RCT.

Agacé, Boudjellal poursuit : « Jacky se prend un peu pour le chevalier blanc, il n’arrive pas à admettre que certaines personnes arrivent à trouver un modèle économique qui respecte la règle, notamment avec des bonus sur les victoires et sur les finales (l’article 3 du règlement de la DNACG indique que la plafond salarial ne prend pas en compte les primes versées aux joueurs au titre de la victoire ou de la participation en finale du Top 14, de l’European Rugby Champions Cup ou de l’European Rugby Challenge Cup, ndlr), détaille-t-il. Il n’arrive pas à l’intégrer parce qu’il n’y a pas pensé en premier. Il n’arrive pas à accepter qu’on ait pu penser à un truc avant lui. » La balle est dans le camp de Lorenzetti, qui n’a répondu ce dimanche aux sollicitations de RMC Sport.

Nicolas Couet avec Laurent Depret