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Dan Carter : "La NFL, ce n’était pas pour moi"

Dan Carter

Dan Carter - AFP

Invité du Super Moscato Show ce mercredi à l’occasion de la sortie de son autobiographie "Mon histoire" (éditions Marabout), Dan Carter est revenu sur la possibilité qu’il a eue de jouer en NFL. Mais l’ouvreur du Racing, double vainqueur de la Coupe du monde avec les All Blacks, préfère le rugby.

Dan Carter, vivre à Paris, cela doit être un changement complet par rapport à la culture des All Blacks ?

C’est un énorme changement pour moi, mais c’est exactement ce dont j’avais besoin après 13 saisons avec les Crusaders et les All Blacks. J’avais besoin de changement, besoin d’être testé encore une fois, de sortir de ma zone de confort. Jouer dans un nouveau pays, une nouvelle compétition, c’est exactement ce dont j’avais besoin à cette étape de ma vie. C’est un nouveau challenge et une nouvelle motivation pour faire encore mieux. Cela fait trois mois que je suis ici, mais je prends déjà du plaisir.

On apprend dans votre livre que vous avez failli jouer en NFL…

En fait, ce n’était pas sérieux cette histoire. J’étais à New York et je voulais aller à Boston pour visiter l’équipe des Patriots. Regarder les installations et ce qui se fait avec leurs recruteurs. Quand ils ont réalisé qui j’étais, ils m’ont demandé si je pouvais taper dans un ballon. A ce moment, j’étais blessé, je ne pouvais pas "kicker". Ils m’ont fait visiter, j’ai rencontré le président. Il m’a demandé si je voulais jouer. Ça pourrait être une retraite heureuse quand tu n’as qu’à taper dans le ballon. Il n’y a plus de plaquages, de passes. C’est bon pour le corps. Ils ont voulu me filmer à l’entraînement. Mais non. J’ai décidé que la NFL, ce n’était pas pour moi. Ce n’était pas sérieux.

Etre botteur au football américain, alors que vous créez le jeu au rugby, cela doit être très ennuyeux…

J’aime jouer au rugby et être numéro 10. Mon corps se sent bien. J’ai encore plein de motivation pour ce sport. Mon corps me dit que j’ai encore quelques années devant moi. En NFL, tu peux taper jusqu’à 40 ans passés. Pas sûr que j’ai la motivation jusque-là. C’était plus une blague qu’autre chose, la NFL.

Votre carrière internationale est-elle vraiment totalement derrière vous ?

C’est fini à 100% parce que j’ai décidé de continuer ma carrière en France. Tu ne peux pas être All Black si tu ne joues pas au pays. Ce n’est pas possible ici au Racing. C’était un rêve de terminer sur une finale de Coupe du monde, sur un titre. C’était le bon moment pour prendre ma retraite internationale, j’avais besoin d’un nouveau challenge, de bonnes choses pour ma famille. Il fallait prendre la bonne décision. Je pense que quand les All Blacks vont disputer le Four nations, les émotions vont remonter à la surface. Ça risque d’être difficile.

Votre dernière action avec les All Blacks restera ce coup de pied du droit, alors que vous avez tout le temps tapé du gauche. Pourquoi avoir tenté ce geste-là ?

C’est la clé du livre. Dans mon enfance, j’ai appris à taper des deux pieds dans mon jardin, avec mes amis, mon père. Juste taper, du gauche, du droit… Avoir l’opportunité de taper du droit avec les All Blacks, ce que je n’avais jamais fait avant, c’était une opportunité incroyable. C’était peut-être un peu fou. Je devais le faire après que Liam Messam m’a dit de taper du mauvais pied. Je l’ai fait. C’est un geste qui me ramène à mon enfance et à beaucoup de souvenirs.

Les Français pensent qu'ils auraient dû gagner la finale de 2011. Quel est votre avis ?

C’était vous rendre la monnaie de votre pièce après le quart de finale que vous avez gagné en 2007 sur un en-avant ! C’est difficile à dire. Il peut y avoir différentes interprétations pour cette finale. L’équipe de France a évolué à un niveau impressionnant. On avait facilement battu la France au début du Mondial et elle s’est véritablement transformée en une nouvelle équipe. Ils peuvent être très fiers de ce qu’ils ont fait en 2011.

Quel est votre regard sur la vie française ?

J’adore Paris et la France. J’ai passé six beaux mois à Perpignan. Je découvre une grande ville, des monuments. Quand j’ai du temps, j’aime bien me balader. Le Racing a des installations incroyables, probablement les meilleurs que je n’ai jamais vues. J’ai de super coéquipiers aussi. On rigole bien. Ils me permettent de garder les pieds sur terre. Mais il y a aussi beaucoup de travail à abattre. C’est exactement ce que je cherchais.

Paris ne manque pas de moutons ?

C’est très différent de la Nouvelle Zélande, où il y a plus de moutons que d’êtres humains… C’est un changement assez agréable.