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Montpellier: "Jouer ta saison sur un calcul arithmétique d’un ordinateur…", Saint-André inquiet par les reports

Le MHR doit jouer à Bordeaux dimanche après-midi si les tests Covid, pratiqués ce jeudi à l’UBB, sont négatifs. Un match initialement prévu vendredi. Et si le match ne peut pas se jouer d’ici la fin de semaine, ça sera déjà le cinquième report (Toulon, programmé le 11 mai, Lyon, Castres et le Stade Français) pour le MHR depuis le début de saison. Et le calendrier de la fin de la saison, avec la coupe d’Europe, sera un véritable casse-tête pour les hommes de Philippe Saint-André. Le manager de Montpellier a peur qu’un ordinateur décide du sort de son club.

Comment prépare-t-on un match que l’on n’est pas sûr de jouer ?

Mardi matin, le match devait être annulé. Mardi après-midi, on avait une chance de le jouer. On a appris l’horaire du coup d’envoi hier soir à 22h. On est dans une saison particulière atypique. C’est notre ciquième match annulé ou reporté. On doit être pragmatique et s’adapter. Ce qui est dommage c’est que l’on était sur une bonne dynamique, cins victoires d’affilées et six victoires sur les sept derniers matches. On est encore à la bataille pour éviter la 13ème place Tous les matches sont importants même si l’atmosphère est plus sereine, la confiance de retour mais on ne doit pas se prendre pour d’autres. On a besoin de beaucoup de points pour sécuriser notre place en Top 14.

Vu la complexité de la fin de la saison au niveau du calendrier, vous avez tout fait pour pouvoir disputer ce match ?

On a besoin de le jouer car si jamais le match est reporté et que l’on atteint la finale du challenge européen, on devra jouer six matches en quatre semaines et ça sera très compliqué. Il risque d’y avoir un vrai embouteillage dans notre calendrier.

Cette situation semble peu équitable par rapport à d’autres équipes, vous êtes agacé ?

On est à la 20ème journée et on a eu un tiers des matches reportés ou annulés. On risque de jouer La Rochelle le samedi, Toulon le mardi et le Stade Français le samedi. On peut jouer notre saison sur trois matches en une semaine, je ne vois pas beaucoup d’équité sportive par rapport à ça. Mais on fera tout pour s’en sortir. C’est une drôle de saison, atypique. On est allé perdre à Bayonne après seulement un entraînement collectif. On avait perdu à Bayonne sans bonus défensif et on avait récupéré six blessés.

Vous avez une solution pour rétablir l’équité, un championnat élargi ?

Il y a des enjeux sportifs ou financier énormes. Le championnat anglais a été pragmatique. Pas de descente et passage d’un Top 12 à un Top 14. Pourquoi pas un Top 15 en France avec une seule descente et deux montées. On espère que l’année prochaine, il y aura du public. Avec un match en plus, ça fera plus d’entrée d’argent, plus de recettes, plus de monde dans les stades. Les gens vont reprendre plaisir de venir au stade. Mais contractuellement je ne sais pas si c’est possible.

Et si vous ne pouvez pas disputer vos matches, comment la fin de saison sera calculée ?

Il faut une équité sportive, si on doit jouer six matches en quatre semaines en rester en Top 14, c’est difficile. Mais après peut être que l’on ne pourra pas jouer les six matches et du coup, la Ligue aura recours à la péréquation. Nos matches manquant entreront dans un ordinateur et ils nous diront le nombre de points qu’on méritera. Jouer ta saison sur un calcul arithmétique c’est un petit peu particulier.

Pour éviter cette situation, il suffirait de perdre en coupe d’Europe ?

Ce qui n’est pas normal, c’est que les équipes qui jouent le jeu en coupe d’Europe sont pénalisées. J’avais posé la question aux joueurs, ils ont vécu une saison difficile compliquée. Ils avaient envie de jouer cette compétition à fond. On est en demi et si on gagne cette compétition, on est qualifié dans la grande coupe d’Europe. Je ne peux pas dire aux joueurs, la semaine prochaine, on ne veut pas à Bath car c’est pas possible. Sportivement, on ne peut pas dire on ne la joue pas surtout qu’ils veulent la jouer.

Julien Landry