RMC Sport

Racing-Montpellier: "Un retour à la vie" pour Lorenzetti

Plus de six mois après son dernier match à domicile, le Racing 92 retrouvera son stade de Paris La Défense Arena ce vendredi soir contre Montpellier (20h45). Un début de soulagement pour Jacky Lorenzetti, dont le modèle économique repose sur l’accueil du public et des spectacles. Pour RMC Sport, le président du Racing fait le point.

C’était le 29 février dernier. Ce jour-là, le Racing écrasait La Rochelle (49-0) devant son public. Une dernière fois. Car en raison de la pandémie, le club francilien n’a depuis plus rejoué dans son enceinte de Paris La Défense Arena. Six mois et demi d’attente et de frustration. Alors, forcément, la réception de Montpellier en Top 14 ce vendredi soir (20h45) ne sera pas un match comme les autres. Surtout pour son président Jacky Lorenzetti, confronté à une crise économique sans précédent. Matchs, concerts et autres spectacles, tous ont dû être annulés ou reportés pour cause de Covid-19. Les portes de la salle s’ouvrent à nouveau.

"C’est un peu un retour à la vie, confie le président à RMC Sport avant de défier le MHR. On va essayer de faire ça du mieux possible, même si les conditions sont assez difficiles et néfastes pour les finances puisque l’on va jouer devant seulement 5.000 spectateurs. Mais il n’y a pas que les finances, il y a aussi le sport, l’ambiance, l’adhésion des supporters et des partenaires que nous allons essayer de vivre malgré ces conditions qu’on peut tous déplorer." En coulisses, le Racing espérait accueillir bien plus de monde dans les tribunes mais le classement en zone rouge de la région parisienne a tout changé.

"On avait demandé une dérogation, raconte Lorenzetti. Ça fait deux mois qu’on avait préparé un dossier qui prévoyait des travaux que nous avons exécutés. On a mis par exemple des filtres sur la ventilation. C’est onéreux mais ça permet de purger 99,99% des virus ambiants. L’air à l’intérieur de l’Arena sera purgé toutes les heures à raison d’un million de mètres cubes. Il sera même plus sain que ce pourraient respirer les spectateurs dans des stades ouverts… On a aussi fait des travaux sur la réception des spectateurs mais aussi la distribution de masques et de gels hydroalcooliques. On a présenté un dossier très sérieux et on pensait vraiment aboutir. Les préfets nous ont quasiment donné un accord de principe mais les Hauts-de-Seine ont été classés en zone rouge…"

"Un manque à gagner considérable"

Sportivement et économiquement, le coup a été rude à encaisser. Surtout pour Jacky Lorenzetti, dont le modèle économique est lié à la réception du public pour le sport et les concerts. "C’est un manque à gagner considérable, dit-il. Avec plusieurs millions d’euros envolés. C’est une catastrophe pour nous de ne plus avoir de spectacles, ça réduit notre champ de revenus. A l’Arena, on a créé ex nihilo 1.200 emplois qui sont quasiment tous aujourd’hui en chômage partiel. On essaie de vivre et d’exister un peu, notamment avec le combat de boxe de Tony Yoka."

Pour les concerts, il faudra en revanche être encore plus patient. Tout a été mis entre parenthèses ces derniers mois. « On a remboursé ou replacé 450.000 places, avoue Lorenzetti. On n'a aucun artiste, j’espère que ce sera pour l’année prochaine. Un concert est programmé pour fin janvier, il s’agit de Sexion d’Assaut, la reformation du groupe avec Maître Gims. Mais nous sommes dans l’expectative." Les joueurs du Racing, victorieux à Lyon lors de la première journée, n’ont eux plus que quelques heures à attendre avant de refouler enfin leur pelouse. Presque comme avant.

Jean-François Paturaud