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Revol: "Un climat pas très sain dans le rugby"

Pierre-Yves Revol, le président de Castres

Pierre-Yves Revol, le président de Castres - AFP

Le président du Castres Olympique Pierre-Yves Revol n’a pas voulu se plaindre du report de son match face au Stade Français. Il désire surtout que le rugby français retrouve sa sérénité après plusieurs semaines agitées.

Pierre-Yves Revol, le match entre le Castres Olympique et le Stade Français a été reporté. Quel regard portez-vous sur cette décision ?

Je préfère, enfin notre club préfère, affronter le Stade Français plutôt que de gagner le match sur tapis vert et avoir cinq points sans disputer le match. Et je n’étais pas du tout confortable avec l’idée de gagner ce match sur tapis vert. On avait échangé avec le coach (Christophe Urios, ndlr) à ce sujet. Donc sur le principe, cette décision me rend plus confortable et elle ne me gêne pas du tout.

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Vos homologues de Montpellier, qui devaient affronter le Racing, s’opposent au report…

C’est leur décision. Je pense que l’institution a pris une décision. Pour ma part, je la respecte, je ne veux pas ajouter de la confusion à la confusion. Je pense que le rugby a besoin de retrouver de la sérénité. Ça ne m’empêche pas de penser que nous sommes aujourd’hui otages, comme Montpellier, comme d’autres clubs, du problème né de ce projet de fusion entre les clubs parisiens, qui visiblement n’avaient pas mesuré l’ampleur de l’émotion qu’il allait susciter. Et donc on se retrouve avec des répercussions en chaîne qui sont préjudiciables à l’ensemble du Top 14. Et ça, on ne peut que le regretter. Maintenant, je le répète, je respecte la décision de la Ligue. Et je pense que ce milieu a vraiment besoin d’amplifier un peu la notion de respect, qui est beaucoup bafoué en ce moment. Donc ce n’est pas moi qui vais rajouter, encore une fois, de la confusion à la confusion. 

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Le rugby français vient de vivre une semaine très agitée. Cela vous inquiète-t-il ?

Au-delà de ce projet de fusion qui a suscité tous les événements que vous savez, il y a un climat actuellement qui n’est pas très sain dans le rugby. Je fais allusion par exemple aux relations entre la FFR et la LNR. Et là aussi, j’espère qu’on pourra retrouver un peu de bon sens et qu’on va réussir à collaborer dans un meilleur climat. Je crois qu’il est temps que maintenant, chacun fasse un peu preuve de responsabilité et aborde la gestion des dossiers avec un peu plus de sérénité et de calme. J’espère qu’il y a encore assez de personnes raisonnables dans le rugby pour travailler dans cet esprit-là.

On a parlé de vous comme d’un médiateur entre la Ligue et la Fédération…

C’est un grand mot. J’ai simplement indiqué qu’au-delà des constats de désaccords et de blocages actuels, il faudra dans des délais les plus rapides possibles, trouver la voie du dialogue entre la FFR et la LNR. Je suis persuadé qu’il y a, des deux côtés, assez de personnes sensées pour y arriver.

Quel est le danger qui guette le rugby si ce conflit perdure ?

Je crois qu’il faut maintenant, que ce soit au niveau des clubs, des présidents de clubs ou des responsables d’institutions, que les problèmes d’ego passent au second plan. Et que chacun fasse preuve d’un sens des responsabilités et de l’intérêt général un peu plus soutenu.

Wilfried Templier