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Top 14: la satisfaction de Paul Goze sur l'accord avec Canal +

Le président de la Ligue Nationale de Rugby, Paul Goze, n’a pas caché sa satisfaction d’avoir scellé un nouvel accord avec Canal + concernant les droits TV de la période 2023-2027. Avant de quitter ses fonctions, satisfait de son bilan, il préfère d’ailleurs souligner la fidélité de cette relation que de s’inquiéter du peu de concurrence chez les diffuseurs. Et pense que cette formule du Top 14 a de beaux jours devant elle.

En cette période de pandémie les occasions de sabrer le champagne ne sont pas légion. Pourtant, on imagine que du côté de la Ligue Nationale de Rugby, on ne s’est peut-être pas privé. A l’heure où le football est empêtré dans des procédures avec ses diffuseurs et compte ses sous, le rugby a donc signé un accord avec Canal Plus, son diffuseur historique, qui s’accompagne d’une augmentation de 17% des revenus. 113,6 millions d’euros par an en moyenne (montant progressif de 110 à 117 millions sur quatre ans) et l’assurance de six années de tranquillité.

"Je suis satisfait des résultats, s’enthousiasme Paul Goze, le président de la Ligue Nationale de Rugby. C’est des années de collaboration de travail qui s’expriment. Ça amène à ça. Je vais insister sur ce travail, comme les JIFF, le salary cap, qui amènent un championnat attractif et équilibré. Du coup, le public et les diffuseurs ont suivi". Pour autant, doit-on s’inquiéter de constater que peu de diffuseurs (seuls L’Equipe et Free s’étaient également positionnés) aient candidaté? Pas dans un avenir proche visiblement.

"On peut le voir comme ça ou considérer un partenaire fidèle sur le long terme. Canal + connaît parfaitement le rugby et le met en valeur. Il vaut mieux continuer à avoir un bon partenaire sur qui on peut compter plutôt que plusieurs. Mais le monde de la télé est mouvant, on ne peut pas exclure d’autres candidats à l’avenir. C’est valorisant qu’un partenaire continue à vouloir l’être et ça permet surtout à nos fans d’avoir un seul abonnement."

"Il y a des excès de fièvre par moments"

L’état-major de la LNR considère que cet accord va rassurer les clubs mais aussi leurs partenaires économiques, "il faut savoir que cette visibilité sur Canal + donne des assurances aux partenaires des clubs", explique Emmanuel Eschalier, le directeur général de la LNR. Et le rugby s’accommode aussi de devoir s’adapter au football, comme le récent changement de programmation en atteste, l’affiche du Top 14 passant du dimanche au samedi soir, quasi présenté comme une aubaine par Goze.

"On ne nous a pas 'arraché' cette case, affirme-t-il, on discute avec Canal +. Le samedi soir c’est très, très bien. On était content de la case du dimanche, mais c’est une priorité pour nous de revenir au samedi. Le samedi c’est le rugby, le dimanche, le foot". Et de faire naître des ambitions aux dires d’Eschalier: "On verra si cette case devient aussi performante que le foot le dimanche, mais pour les clubs, en terme de fréquentation, d’hospitalité, c’est mieux". Une fois le public revenu dans les stades…

Paul Goze ponctue donc son double mandat (les élections sont prévues le 23 mars) avec une certaine réussite. "Le bilan, d’autres le feront pour moi! Personnellement, je suis relativement satisfait de ce qu’il s’est passé. Il y a eu beaucoup de mauvais moments, de mois difficiles. Mais, si je retiens un moment, c’est le match à Barcelone (la finale Racing 92-Toulon en 2016, ndlr) . Un fait marquant de la présidence". Mais en fin politicien qu’il est, il ne se prononcera pas en faveur d’un des trois candidats à sa succession (Merling, Tingaud, Bouscatel): "Nous avons trois excellents candidats, je les connais depuis longtemps, je n’ai pas de souhait particulier."

Ni sur la date et les conditions de report du match France-Ecosse: "Vous venez de le dire, nous sommes en négociations pour cela, je n’ai pas de commentaire à faire". Enfin, sur la question de la pérennité de la formule du Top 14, il livre une dernière flèche aux éventuels partisans d’une évolution. "Ça fait 23 ans que je suis là et il y a 23 ans qu’il y a des débats. L’appel d’offre laisse une marge, il y a des clauses. Seulement si elle n’est pas parfaite, cette formule du Top 14 est satisfaisante. Il y a des excès de fièvre par moments mais je pense qu’on restera un certain nombre d’années en formule Top 14."

Wilfried Templier