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Top 14 : le Stade Français comme à ses plus beaux jours

Jérôme Fillol

Jérôme Fillol - -

Le Stade Français a arraché la victoire en fin de rencontre contre Toulouse, le double champion de France en titre, ce samedi au Stade de France (28-24). Un succès prestigieux mais surtout précieux pour la suite de la saison.

Il n’y a qu’à voir la réaction des joueurs parisiens à la fin du match pour comprendre qu’il s’est sans doute passé quelque chose du côté du Stade de France. Dès le coup de sifflet final, les joueurs de Christophe Laussucq se prennent tous dans les bras. L’entraîneur, lui-même, félicite ses hommes. Les jeunes comme les vieux. Car on ne donnait pas cher de la peau de cette équipe parisienne rajeunie et remaniée au fil des années contre le double champion de France en titre. Depuis 2007 et le dernier titre du Stade Français, jamais en effet Paris ne s’est mêlé à la lutte avec les meilleurs. Alors voir les Parisiens marcher sur Toulouse (28-24) à l’issue d’un match haletant redonnera certainement du baume au cœur à tous les nostalgiques de la capitale.

Dans un stade copieusement garni de 60 000 spectateurs (ce qui n’est pas donné à tout le monde), et sous les yeux de l’ancien président Max Guazzini, c’est un Toulouse ambitieux qui attaque cette rencontre. A une dizaine de jours du rassemblement des internationaux, Guy Novès avait choisi de coucher sur la feuille de match les noms de tous ses convoqués valides. Clerc, Fickou, Nyanga, Maestri sont titulaires. Fritz et Huget sont remplaçants. Et comme si l’expérience de la bande toulousaine, qui restait sur cinq victoires de rang, ne suffisait pas, confronté aux blessures et suspension, le staff toulousain sort de sa retraite William Servat, l’actuel entraîneur des avants !

Succès fondateur ?

C’est pourtant les locaux qui prennent la rencontre par le bon bout, marquant rapidement grâce au pied de Jérôme Porical avant de concrétiser la domination territoriale par un essai de Sergio Parisse (17e). Trop d’erreurs et d’approximations et quelques minutes plus tard, les choses avaient pourtant bien changé. Deux fulgurances de Vincent Clerc (27e) et Edwin Maka (38e) permettent à Toulouse de virer en tête à la mi-temps (18-14). Et pourtant, Paris saura renverser la tendance : « C’est un signe, mais ce n’est pas la vérité de demain, calme Laurent Sempéré. C’est bien comptablement et pour le groupe car on a cette force collective qui nous permet de nous retrouver quand il y a des grosses rencontres. On ne nous attend pas et c’est très bien comme ça. On sait de quoi on est capable et on va continuer dans ce chemin-là. »

Car là où le Stade Français avait échoué à Clermont (28-25) lors de la 7e journée, il a su s'imposer. Jérôme Fillol (58e) et Sergio Parisse (74e) rappellent aux mélancoliques que la vieille garde a encore de beaux jours devant elle. « Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de battre le grand Stade Toulousain, salivait Pascal Papé à l'issue de la rencontre. Il faut louer le mental et l’état d’esprit du Stade Français. Ce qui nous sauve, c’est ce qu’on a dans la tête et aussi ailleurs… On nous a enterrés un peu vite, mais j’ai surtout envie qu’on ne nous monte pas trop vite car on a beaucoup de boulot. » C’est seulement trois minutes après la sirène, au bout d’une dernière tentative toulousaine, que les Plisson, Flanquart et Slimani ont pu lever les bras. Le Stade Français remporte là un succès sans doute fondateur pour la suite de la compétition. Du genre de ces victoires qui permettent de rêver de jours meilleurs. Et pourquoi pas d’espérer une qualification pour les barrages au printemps prochain. 

dossier :

Stade Français

P.Ta. avec LD au SDF