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Vakatawa: "Gagner la Coupe d’Europe avec le Racing 92 et le Tournoi avec les Bleus"

Depuis quelques mois, Virimi Vakatawa ne cesse de briller aussi bien avec le Racing 92 qu’en équipe de France qu’il a retrouvée pour la Coupe du monde. Le centre international (27 ans, 21 sélections), rappelé pour le Tournoi des VI Nations qu’il devrait débuter comme titulaire, rêve de remporter la Champions Cup mais aussi le Tournoi des VI Nations cette année, comme il le confie à RMC Sport.

Virimi Vakatawa, vous brillez depuis plusieurs mois en club et en équipe de France. Comment le vivez-vous?

Je me sens bien. Par le passé, je me suis aussi souvent blessé et cette saison est la bonne pour moi. Après être rentré du Japon, ça m’a donné de la motivation et de l’excitation, mais surtout de la confiance.

Aviez-vous gambergé auparavant?

Non, je n’ai pas trop douté. J’ai beaucoup échangé avec le staff du Racing. Cela m’a permis d’être positif et de ne pas baisser la tête. Au quotidien, je n’ai pas changé grand-chose, j’ai gardé la même routine.

Beaucoup disent qu’il se passe toujours quelque chose quand vous êtes sur le terrain…

(Un peu gêné) Je n’aime pas trop parler de moi (sourire). Je laisse les autres parler. Mais c’est aussi mon boulot en tant que trois-quarts centre de créer des espaces pour les ailiers et de les faire marquer.

Que vous reste-t-il à améliorer dans votre jeu?

Beaucoup de choses comme les placements. La discipline aussi, j’ai pris trois cartons jaunes depuis le début de saison avec des fautes stupides. 

La Coupe du monde restera-t-elle comme un moment marquant dans votre carrière?

Oui, c’était un rêve. J’étais vraiment content de la jouer. Au départ, je ne devais pas y participer, mais à la fin oui… (grand sourire). J’étais arrivé en forme. Quand Jacques Brunel m’avait appelé, j’étais en pleine préparation avec le Racing 92 et j’avais rejoint l’équipe de France à Nice (au mois d’août après la blessure de Geoffrey Doumayrou, ndlr). J’ai ensuite vite appris le plan de jeu.

Vous n’aviez pourtant pas été appelé depuis de nombreux mois…

Oui, mais j’ai toujours gardé l’équipe de France dans un coin de la tête. Ça restait une motivation même si je n’avais plus été sélectionné depuis 2018. Je n’ai pas baissé la tête et j’ai continué à bosser. 

Vous l’aviez dit au Japon, c’était important pour vous de disputer cette Coupe du monde pour des raisons personnelles…

Oui, j’avais promis à mère avant qu’elle ne décède de revenir en équipe de France et surtout de jouer la Coupe du monde au Japon. Cette promesse est faite. Je suis très content et je pense qu’elle l’est aussi. C’est une motivation pour moi. Je pense à ma mère à chaque fois que je rentre sur le terrain. Je joue toujours pour elle. 

"J’aimerais jouer la Coupe du monde 2023"

Sur le terrain, vous avez ensuite très souvent le sourire, le plaisir de jouer…

Oui, il faut toujours avoir le sourire. Pour moi, le rugby est un jeu. C’est dans notre culture aux Fidji. Là-bas, tout le monde joue au rugby, les femmes, les très jeunes, les plus vieux…

Après avoir regoûté à l’équipe de France, vous avez forcément très envie de reporter ce maillot lors du prochain Tournoi des VI Nations…

Oui, même si pour le moment je suis concentré sur mon club et le match important de dimanche contre le Munster puis le déplacement aux Saracens. On joue au rugby pour de tels matchs dans la Champions Cup qui est une compétition magnifique, énorme. 

Comment s’était déroulé votre entretien avec le nouveau sélectionneur Fabien Galthié?

Nous avons discuté tous les deux. Il est venu nous voir au Racing. C’est surtout lui qui a parlé. Il m’a demandé si j’étais content en équipe de France et pourquoi je voulais jouer pour l’équipe de France. 

Justement, pourquoi est-ce important pour vous?

Parce que ça fait un moment que je suis en France, presque onze ans. J’ai passé beaucoup de temps au Racing, au centre de formation puis chez les professionnels. Je connaissais la culture française. Et quand j’ai signé mon premier contrat, je me suis dit que l’équipe de France était un objectif. Quand je porte ce maillot, ça représente aussi ma famille et le travail que j’ai accompli. J’ai choisi la France plutôt que l’équipe des Fidji, je me dis que je n’ai pas pris la mauvaise décision. Mes proches aux Fidji sont devenus supporters de l’équipe de France (grand sourire). Ils étaient toujours devant la télé pendant la Coupe du monde. 

La Coupe du monde 2023 est-elle un objectif?

Oui, pourquoi pas, surtout que ça sera en France. C’est vrai que j’aimerais bien la jouer. On verra… Il y a beaucoup de jeunes dans cette équipe de France, un nouveau staff et je pense qu’on pourra faire quelque chose, et ce dès le Tournoi des VI Nations. Nous avons forcément des regrets après la Coupe du monde du Japon et ce quart de finale contre le pays de Galles. Malgré tout, on a fait le job. Beaucoup de gens pensaient que nous n’allions pas sortir de la poule. On a perdu d’un point contre les Gallois. Mais maintenant il faut penser au Tournoi. Nous sommes tous impatients de rejouer en équipe de France, surtout devant notre public. 

Que peut-on vous souhaiter pour 2020?

Etre champion d’Europe avec le Racing, et pourquoi pas le Top 14 aussi. Mais d’abord la Coupe d’Europe, c’est la priorité. Je veux vraiment être champion d’Europe. 

Et avec l’équipe de France?

Gagner le Tournoi des VI Nations! (sourire).

JF Paturaud