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XV de France : place à la concurrence !

Le rugby reprend peu à peu ses droits dans la préparation du XV de France en vue de la Coupe du monde. Les Bleus ont retrouvé le terrain et surtout les ballons avec des oppositions au programme. Une nouvelle dynamique qui a renforcé la concurrence au sein du groupe, notamment dans l’optique de l’annonce définitive des 31 pour le Mondial le 23 août.

Entraînement à balles réelles

« Il y aura de la concurrence. » La phrase est signée Philippe Saint-André, samedi lors de la conférence de presse annonçant le début de la seconde phase de préparation. Lors du premier bloc physique, c’est le mot cohésion qui revenait dans les bouches. Pour ce bloc 2, qui doit mener les Bleus au premier match de préparation face à l’Angleterre, le 15 août à Twickenham, le mot concurrence a fait son apparition. « L’intensité est déjà montée à la fin du stage à Tignes, sourit Fulgence Ouedraogo. Même avec les boucliers, on sentait qu’il fallait un rien pour monter dans les tours. Mais c’est normal, c’est pareil en club. Tout le monde a envie de bien faire, de se montrer et de se donner à fond. Tout le monde est à 100% assure le troisième-ligne qui poursuit : « L’ambiance est bonne et saine. Il y a de la concurrence car nous sommes des compétiteurs, mais ça ne nuit pas au groupe, ça pousse tout le monde à donner le meilleur de soi-même. » Un sentiment partagé par le centre Alexandre Dumoulin : « La concurrence, on l’a toute l’année en club, on a l’habitude, elle est présente, mais c’est sain, il n’y a pas de crasse, tout le monde donne le meilleur de soi-même. On s’entraîne à balles réelles. » Idem pour l’ouvreur François Trinh-Duc : « Ça nous met de l’émulation. On est des compétiteurs, de grands garçons et le groupe est la priorité. Ça fait partie du jeu, la concurrence nous tire vers le haut, c’est une bonne chose. Les entraînements vont être de qualité. »

Le couperet du 23 août 

Pendant trois semaines, les Bleus vont peaufiner leurs gammes avec au programme deux matches amicaux (15 et 22 août face à l’Angleterre) qui devraient permettre à Philippe Saint-André et son staff de faire leur choix. Car le 23 août, PSA devra donner sa liste définitive des 31 pour la Coupe du monde. « On essaie de ne pas y penser lâche l’ouvreur Rémi Talès. On donne tout ce qu’on a pour semer le trouble dans la tête des sélectionneurs. On travaille au maximum pour faire partie des 31. » « Tout le monde me demande si je n’ai pas des indices sur la liste définitive se marre Fulgence Ouedraogo. Mais on n’a aucune indication, on ne sait pas assure le troisième-ligne. Mais ça rentre dans les têtes. » Difficile donc de faire abstraction du couperet du 23 août, même si les Bleus n’en parlent pas entre eux, comme l’explique Fulgence Ouedraogo : « La liste, on n’en parle pas, elle est présente, elle est dans un coin de notre tête, mais on verra le 23. » Alexandre Dumoulin est d’ailleurs très pragmatique : « Les choix, ce n’est pas nous qui les faisons, on les respectera. Il faut se donner à fond aux entraînements et bien récupérer. Lors du match face à l’Angleterre, on aura peu de temps pour se montrer, il faudra jouer vite et bien, prendre les bonnes décisions et être le meilleur possible pour faire partie de la liste et convaincre les coaches de partir au Mondial. » 

Qui est sur la sellette ? 

Aujourd’hui, difficile de savoir quels sont les cinq joueurs qui vont quitter le groupe dans trois semaines. Sur les six piliers sélectionnés, un sera évincé. Les trois talonneurs et les quatre deuxième-lignes sont plus tranquilles. En revanche, en troisième ligne, un et peut-être même deux éléments vont partir. Idem à la charnière. Enfin, un centre ne sera pas du voyage en Angleterre. « La position n’est pas forcément confortable avoue Talès. On a chacun nos qualité, on amène chacun des garanties, à nous de renforcer notre position. On ne sait pas ce que pense le staff. On n’a pas d’indice, on ne sait rien, on travaille. On attend le 23 août. »

Maxime RAULIN, à Marcoussis