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XV de France: quand il ne joue pas en Bleu, que fait donc Virimi Vakatawa ?

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Titulaire face à l’Angleterre (19-16) lors de la première journée du tournoi des VI Nations, Virimi Vakatawa était resté près deux mois, entre le Crunch et la défaite contre la Nouvelle-Zélande en novembre dernier, sans disputer de compétitions officielles, lui qui est sous contrat fédéral avec la FFR. Que fait donc l’ailier d’origine fidjienne quand il ne joue pas pour les Bleus ?

« Virimi travaille très, très bien ici. Est-ce qu’il a fait des progrès ? Physiquement, il est vraiment en forme. Techniquement, chaque match est important pour lui. Ils lui permettent de gommer quelques erreurs. Il est sur une phase intéressante. Mais on est encore très loin de ce que l’on voudrait atteindre avec lui. » Ainsi a parlé le sélectionneur du XV de France, Guy Novès, ce vendredi en conférence de presse. Et le technicien français peut compter sur son joueur : ce dernier met les bouchées doubles pour progresser, encore et toujours.

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Véritable sensation du XV de France depuis son intégration expresse lors du dernier tournoi des VI Nations, Virimi Vakatawa a autant marqué les esprits par ses qualités – puissance, capacité à franchir, marqueur d’essais – que par son histoire, peu banale pour ne pas dire tout simplement inédite, qui le voit, lui qui évolue en rugby à 7, être sous contrat fédéral avec la Fédération Française de Rugby… et avec personne d’autre. Comprenez par-là aucun membre du Top 14 et aucune franchise européenne. Mais depuis son tournoi réussi jusqu’aux tests de novembre et la fin de ces derniers, ponctués d’une défaite contre la Nouvelle-Zélande, jusqu’à aujourd’hui… qu’a donc fait l’ailier d’origine fidjienne ?

« Marcoussis, c’est son club »

Pour le savoir, il suffit de ne pas perdre du regard Marcoussis, le lieu de villégiature des équipes de France. Car si l’endroit est propice aux rassemblements des équipes tricolores, il peut aussi être douillet pour Virimi Vakatawa. « Marcoussis ? C’est son club, c’est notre club puisqu’on est à temps plein ici, a lâché dans un sourire à RMC Sport le copain de chambre du Fidjien, Julien Candelon, joueur de rugby à sept. Virimi est dans un système plutôt expérimental. C’est plutôt bien géré, car quand on voit le dernier tournoi des VI Nations et les tests d’automne, ça n’a pas l’air si mal. »

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Si résultat il y a, c’est parce que le programme du joueur à Marcoussis est on ne peut mieux rodé. « Il a une préparation physique adaptée au quinze, détaille Candelon. Il ne partage pas forcément la préparation avec nous mais tout ce qui est rugby en revanche. Il a besoin de toucher du ballon d’avoir des situations de jeu, d’avoir du combat, de l’aérien. Il est aussi à disposition des équipes de France de jeunes pour avoir des repères à quinze. Il navigue un peu au milieu de tout ça. Maintenant, son vestiaire reste celui du sept. Il se change avec nous, mange avec nous, il a un quotidien qui est grande partie avec nous, sauf que sur certaines phases, il s’isole avec Julien Deloire (le préparateur physique de l’équipe de France, ndlr). »

« Hors de question de le laisser seul »

H24 à Marcoussis donc, Virimi Vakatawa. Enfin presque puis ce dernier s'est octroyé quelques vacances en famille aux Fidji en décembre dernier. Mais si être dans la place est une bonne chose, encore faut-il que le programme proposé par le staff de l’équipe de France à sept lui permette de répondre présent… à quinze. « L’idéal est de lui proposer les meilleurs entraînements possibles et de l’entraîner pour qu’il soit performant en équipe de France et ce quel que soit le nombre de joueurs autour de lui, assure l’entraîneur de l’équipe de France à 7 Frédéric Pomarel, au micro de RMC Sport. C’est une croisée des chemins de tous les programmes. Il vient chercher chez nous cette capacité à vagabonder entre ces deux pratiques, qui lui permettent de continuer à se construire. Il faudra lui demander mais je ne crois pas que la bascule 7-15 15-7 lui pose de problèmes. Tous les entraînements se font en collectif. Il est hors de question de le laisser tout seul. On ne veut pas lui faire un programme complètement individualisé. Evidemment, il a quelques petits compléments comme tous les autres joueurs. »

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Et quand le quinze et le sept ne sont pas au programme, c’est avec les équipes de France de… jeunes, que Virimi Vakatawa parfait sa condition physique et son rugby. Mais pour que la mayonnaise prenne, pour que ce quotidien paie, encore faut-il que l’intéressé veuille bien y mettre du sien. « C’est un garçon qui est sérieux dans ses soins, qui ne zappe pas ses récupérations, qui aime croquer du ballon, qui cherche à s’améliorer en permanence et qui a un vrai comportement de joueur de haut niveau, martèle Pomarel. Ce qu’il est et ce qu’il a aujourd’hui, il le doit à son travail, son investissement. » Ce qu’il a aujourd’hui ? Un statut de titulaire en Bleus à l’aile, même si dans la tête de Guy Novès, il pourra aussi dépanner au centre. Et ce, même avec un programme bien à lui. De quoi donner du poids au souhait du président de la FFR, Bernard Laporte, de voir fleurir plus de joueurs sous contrats fédéraux.

la rédaction avec Jeff Paturaud