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Yachvili : "Dur de prendre la relève de Dusautoir"

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Ancien coéquipier de Thierry Dusautoir à Biarritz et en équipe de France, Dimitri Yachvili revient sur la décision de l’homme aux 56 capitanats avec les Bleus (record) de mettre un terme à sa carrière internationale. Un choix qui ne le surprend pas.

Dimitri Yachvili, avez-vous été surpris par la décision de Thierry Dusautoir ?

Ça n’a pas été une grande surprise pour moi. C’était assez logique. Thierry a beaucoup donné à l’équipe de France. Il y a eu ce dernier épisode de la Coupe du monde. Il a encore une fois tout donné, mais je l’ai senti un peu esseulé. Visiblement, il ne se sentait pas de se projeter dans un autre challenge de quatre ans jusqu’à la prochaine Coupe du monde. Je le comprends, je le connais très bien. Nous avons joué ensemble pendant pas mal d’années, à la fois à Biarritz et en équipe de France. Je l’ai connu très jeune, à son arrivée à Périgueux lorsqu’il a commencé. J’étais à Brive, on s’est beaucoup croisé. Ce sont beaucoup de bons souvenirs. C’est un grand monsieur du rugby français qui part. Il est très discret mais très attachant aussi. Il va laisser forcément un vide. Il faut que la relève prenne exemple sur ce grand joueur.

Quelle image garderez-vous de sa carrière en bleu ?

Que des bons souvenirs. On a vécu des grands moments ensemble, des moments très difficile aussi. Ma dernière Coupe du monde en 2011 a été un moment particulier. C’était notre capitaine. Il a été à l’écoute de tout le monde. Il a été exemplaire une nouvelle fois. Ce n’est pas pour rien qu’il a eu ce titre de meilleur joueur du monde cette année-là. Sur le terrain, on le connait. Il apportait beaucoup de générosité, c’était un excellent défenseur. Il a évolué d’année en année, surtout sur le pan offensif qui n’était pas son point fort à la base et qui l’est devenu ensuite. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le joueur et l’homme qu’il est.

Y a-t-il un moment particulier que vous gardez en tête ?

On a connu des grands moments avec Biarritz en 2005 et 2006 en remportant deux fois le bouclier de Brennus. Il y a forcément aussi la Coupe du monde 2011. Après un début de compétition très difficile, il a été décrié, il a fallu se solidariser avec lui. On a vécu des moments forts, intenses. En dehors des terrains, il a fallu se soutenir. Ces moments forgent aussi le caractère et l’homme qu’il est.

Qui voyez-vous pour lui succéder en tant que capitaine de l’équipe de France ?

C’est difficile. Guy Novès (le nouveau sélectionneur, ndlr) a forcément déjà son idée. Il faut quelqu’un qui soit titulaire dans son club, qui ait la trempe d’assumer le rôle de capitaine de l’équipe de France. Ce n’est pas rien, il y a toute une pression sportive, médiatique. Il faut le supporter. Je n’ai pas de nom en tête, mais peut être quelqu’un comme Yoann Maestri, qui est en train de s’aguerrir de plus en plus. Il pourrait supporter cela. Ça va être dur de prendre la relève.

la rédaction