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Agressions sexuelles dans le patinage: Abitbol "heureuse et soulagée" de l'ouverture d'une enquête

Le parquet de Paris a ouvert ce mardi une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, après le scandale frappant actuellement le milieu du patinage artistique français. L'ancienne patineuse Sarah Abitbol, à l'origine des premières révélations dans un livre, n'a pas caché son soulagement en apprenant cette nouvelle. "C'est une victoire", a-t-elle même déclaré sur BFM TV.

Alertée par le scandale touchant actuellement le milieu du patinage artistique français, la justice a décidé de passer à l'action. Ce mardi, le parquet de Paris a ainsi annoncé l'ouverture d'une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, suite au témoignage, notamment, de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol. Dans son livre Un si long silence, l'athlète a révélé avoir été violée à l'adolescence par son ancien entraîneur Gilles Beyer.

Si les faits concernant son propre cas sont prescrits, Abitbol, présente sur BFMTV, n'a pas caché sa joie en apprenant l'ouverture de cette enquête. "Je suis surprise, les choses se passent rapidement. Je suis contente, soulagée, cette prise de parole commence enfin à porter ses fruits, a-t-elle glissé. Je suis vraiment heureuse, je vais appeler mes avocats en sortant de l’émission. Je suis émue, c’est 30 ans de combat. Honnêtement quand j’ai fait ça (son livre, ndlr) c’était pour me libérer et essayer de prévenir les futures victimes, je n’étais pas du tout dans une intention de vengeance. Je voulais juste prendre la parole et enfin guérir de ces blessures..."

"Je me sens plus forte, ma parole commence à porter ses fruits"

Quand elle a pleinement pris conscience, il y a quelques mois, des viols subis durant sa jeunesse, Abitbol n'avait pas trouvé la force de porter plainte. "A l’époque je n’en étais pas capable, quand je l’ai appris à mes parents j’étais dans un tel état que je ne pouvais rien faire, je ne mangeais plus, je ne tenais plus debout, je n’étais pas assez forte, se souvient-elle. Ma priorité était juste d’essayer de m’en sortir, parce que je n’étais pas heureuse. J’ai quand même voulu avaler des médicaments pour ne plus vivre. Il fallait donc que je m’en sorte moi, je n’étais pas capable de porter plainte. J’ai essayé, mon père m’a emmenée au commissariat, mais je suis restée muette, je ne pouvais pas parler."

Aujourd'hui, Sarah Abitbol se sent beaucoup plus solide en voyant d'autres témoignages émerger, comme celui de Laure Detante. "Je me sens plus forte, ma parole commence à porter ses fruits, et oui je crois que je suis prête à affronter cette épreuve, poursuit-elle. L’idée de porter plainte fait son chemin. Ce qui se passe, qu’une enquête soit ouverte, c’est extraordinaire, c’est très bien pour les nouvelles générations. C’est une victoire."

CC