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Dopage : Fourcade quitte prématurément la réunion avec la Fédération internationale... suivi de tous les athlètes

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Une réunion était organisée ce samedi entre les biathlètes et la Fédération internationale (IBU), après les révélations du rapport McLaren, dans lequel 31 noms de biathlètes russes sont cités. Martin Fourcade l'a quittée en cours de séance, finalement suivi de tous les athlètes.

Une soixantaine d'athlètes présents

Les biathlètes et leur encadrement étaient conviés à une réunion ce samedi à 19h en présence du président de l'IBU, Anders Besseberg, et de la secrétaire générale Nicole Resch, à la suite du rapport McLaren et d'une pétition signée par près de 170 biathlètes pour plus de sévérité dans la lutte contre le dopage. Une soixantaine d'athlètes et entraîneurs étaient présents. Côté Français, étaient présents Martin Fourcade, Simon Fourcade, Jean-Guillaume Béatrix, Anaïs Bescond ainsi que Stéphane Bouthiaux l'entraîneur des garçons, Franck Badiou, l'entraîneur du tir. Bouthiaux, Badiou et Béatrix sont sortis avant la fin de la réunion, sans faire de commentaires.

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La tension monte

La tension est même un peu montée quand un journaliste russe a voulu arrêter Jean-Guillaume Béatrix avant d'être repoussé calmement par Stéphane Bouthiaux. A travers les portes vitrées de la salle de réunion, on a pu apercevoir Martin Fourcade lever la main puis s'exprimer une première fois. Puis se lever pour prendre à nouveau la parole. "C'est inacceptable", a lancé Fourcade, qui a quitté la salle, entraînant le reste des participants derrière lui et mettant fin prématurément à la réunion

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Rien n'a filtré

Martin Fourcade a été assailli par les nombreuses caméras massées dans un étroit couloir menant à la salle où se tenait la réunion. "Je ne peux rien dire, je peux juste dire que j'ai faim" a simplement lâché le Français. Sauf qu'il l'a dit en anglais et que les journalistes étrangers ont compris "je suis en colère" (angry) alors qu'il a dit "j'ai faim" (hungry). Seule certitude, c'est qu'il n'était pas satisfait des explications fournies par les responsables de l'IBU. Comme le reste des athlètes. 

Les athlètes veulent du changement... maintenant

L'un des représentants du comité des athlètes, le biathlète américain Lowell Bailey, a expliqué à la sortie que ce qui avait été dit "ne convenait à personne. Nous ne sommes pas content des réponses qu'on nous a données. Le comité exécutif de l'IBU semble repousser tout ça au congrès de l'IBU qui aura lieu dans deux ans. Sauf que nous voulons des changements maintenant. Nous voulons des changements qui peuvent nous assurer une compétition propre et juste. Pas dans deux ans, mais demain, pour la prochaine course. Nous voulons voir des changements qui permettrons d'éradiquer le dopage dans notre sport. Je ne veux pas faire de commentaires sur ce qui est possible que l'on fasse ou pas. Ce qui est important, c'est qu'il y a une majorité d'athlètes de la Coupe du monde qui poussent pour changer les règles pour que l'on soit sûr qu'à chaque fois que l'on prend le départ que ce sera une course juste. Ce que nous voulons maintenant, ce sont des actions du comité exécutif pour assurer qu'à chaque fois que l'on prend le départ, ce sera une course propre et juste."

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L'IBU accélère, finalement

Le président de l'IBU, après le départ des athlètes et de l'encadrement, a tenu une conférence de presse accompagnée de la secrétaire générale. Il a annoncé la tenue d'un comité exécutif. Deux propositions de durcissement du règlement formulées dans une lettre commune des biathlètes seront alors étudiées. Dans la nuit, l'IBU a publié un communiqué de quelques lignes pour rassurer les sportifs. 

"Le comité exécutif de l’IBU a décidé d’appeler un congrès extraordinaire avant le début des Mondiaux 2017. Il comprend totalement et soutient l’initiative des athlètes d’améliorer le règlement antidopage de l’IBU concernant les fédérations et les athlètes. Afin d’adopter les nouvelles règles dès que possible, l’IBU convoque un congrès extraordinaire pour approuver les changements et les mettre en pratique avant le début des Mondiaux à Hochfilzen." Il faut donc rassembler les 58 nations de l'IBU avant le 9 février. Mais c'est en tout cas une démarche qui va dans le sens des athlètes. Peut-être de quoi calmer la grogne et freiner la protestation qui était envisagée ce dimanche au départ de la mass start. 

Julien Richard