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Mondiaux de biathlon: médaillée d’argent, Chevalier-Bouchet explique son sursaut d’orgueil

Anaïs Chevalier-Bouchet a savouré sa belle médaille d’argent obtenue ce samedi sur le sprint des championnats du monde, à Pokljuka (Slovénie). La Française a remporté sa deuxième médaille mondiale individuelle après le bronze en 2017 à Hochfilzen (Autriche), sur le sprint également, et se reprend après un relais mixte raté.

Anaïs Chevalier-Bouchet, après la déception du relais mixte, on imagine que c’est une médaille qui fait du bien?

Je suis super contente, j’ai eu un petit peu de mal après le relais mixte mercredi soir. Foirer une course d’équipe, c’est toujours dur, parce que c’est une équipe. J’ai mis un peu de temps à… Disons que mercredi soir, je n’étais pas très aimable, on va dire. J’avais besoin d’évacuer ma frustration. Aujourd’hui, j’avais à cœur de faire les choses bien parce que je sens que je suis sur une bonne dynamique, je sens que physiquement les sensations sont excellentes et cela se confirme aujourd’hui. Je suis trop contente.

Comment êtes-vous passée à autre chose?

Je suis allée m’excuser auprès des copains, du staff. Et après, je me suis dit, bon voilà je tourne la page. Et je me suis vite remobilisée parce que je connais mes ambitions et il ne fallait pas que je broie du noir trop longtemps. J’ai besoin de coups de pied aux fesses pour rebondir. Ce n’est pas agréable évidemment sur le coup de rater une course, mais j’arrive à rebondir. Je sais que c’est quelque chose que je sais faire, rebondir quand je foire quelque chose. Si je pouvais éviter, je le ferais évidemment, mais je fais avec.

Vous avez aussi le meilleur temps de ski, ce qui confirme que depuis votre retour, vous êtes plus forte sur les skis qu’avant…

Oui, cela fait un moment que je vois que physiquement, ça va beaucoup mieux qu’avant. Après, j’avais plein d’interrogations, et j’en ai encore plein. Est-ce que ça va tenir dans la durée par exemple? Comment je vais gérer ça aussi… Mais pour l’instant ça roule et je prends, on ne va pas trop se poser de questions.

Entre la médaille de bronze à Hochfilzen en 2017 et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé?

Mon âge ! L’expérience, la maturité et la maternité évidemment, qui m’a beaucoup changée. Et le statut aussi un petit peu. Je suis arrivée ici, je n’avais pas le même statut qu’en 2017. Je pense que j’étais un peu plus attendue, moi aussi je m’attends un peu plus. Il y a quand même beaucoup de choses qui ont changé. Je ne suis pas la même athlète, j’ai évolué.

Vous aviez dit au moment de votre retour qu’il fallait que ça vaille le coup… Aujourd’hui ,c’est le cas?

Pour l’instant, la saison, cela vaut le coup. Je revenais pour faire ce genre de courses. Ce n’est pas une première place, c’est une deuxième, mais c’est un podium aux championnats du monde, une médaille le jour où il fallait parce que c’est la course d’un jour. Et je suis super contente.

Dans quel état d’esprit étiez-vous ce samedi matin? La veille, Simon Desthieux nous disait qu’il avait senti au reveil que ce serait un bonne journée…

J’ai essayé de me dire que c’était la même chose. Mais j’étais un peu tendue en fait ce matin car je suis hyper sensible avec le froid et j’avais vraiment peur de me faire prendre par le froid, notamment sur les mains. J’étais un peu tendue par rapport à ça, pas par rapport à la course. Et finalement, je me suis tellement préparée et concentrée sur les autres choses et pas sur le froid que j’étais, pas comme dans un état second, mais comme si j’avais l’impression que pas grand-chose ne pouvait m’arriver… Sauf perdre une balle (rire).

Comment restez-vous en contact avec votre fille, née en 2019, pendant les Mondiaux?

On fait quelques visios, mais pas trop parce que je n’ai pas envie que cela la perturbe trop. On fait plus des vidéos. Tous les matins, je reçois des vidéos, par mon mari, mes beaux-parents ou mes parents. Après, c’est plus dur pour moi que pour elle. J’essaye de me détacher de tout ça, il le faut et c’est terrible. Parce que je suis une maman gaga, une maman poule, mais j’essaye de me détacher de tout ça sinon je n’avance pas.

Propos recueillis par Julien Richard