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Mondiaux de biathlon: pour Simon et Guigonnat, une médaille d'or au goût de revanche

Régulièrement en difficulté depuis le début de la saison et loin d'être présentés comme les favoris ce jeudi, les Français Antonin Guigonnat et Julia Simon ont pourtant décroché l'or sur le relais mixte simple des Mondiaux de biathlon, à Pokljuka (Slovénie). Ils racontent cette performance et savourent une petite revanche.

Antonin Guigonnat et Julia Simon ont remporté le titre mondial du relais mixte simple ce jeudi, à Pokljuka en Slovénie. Le duo français a devancé la Norvège des deux leaders du classement général de la coupe du monde, Johannes Boe et Tiril Eckhoff, et la Suède, qui complète le podium et signe son record de médailles sur des Mondiaux (5). C’est la sixième médaille pour l’équipe de France dans ces championnats et la deuxième en or après le titre d’Emilien Jacquelin sur la poursuite. Mais celle-ci, pour les deux héros du jour, a un vrai goût de revanche.

La titularisation d’Antonin Guigonnat à la place d’Emilien Jacquelin - qui avait besoin de repos - a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux, et a valu au biathlète de Morzine quelques attaques virulentes auxquelles il a d’abord répondu avec humour en ligne, et aujourd’hui sur la piste. Julia Simon, elle, relève la tête après avoir raté le début de ses Mondiaux, en raison d’un tir défaillant, retrouvé ce jeudi. Au meilleur moment, avant les relais et la mass-start du week-end.

Julia, c’est votre première médaille mondiale, et elle est en or…

JS. Je pense que j’ai encore du mal à réaliser. Ca va tellement vite, tout va tellement vite. Je pense que je vais re-regarder cette course et ça va m’aider à réaliser. Ça a été une super bataille, c’est super de partager ça avec Anto car on a fait nos débuts sur cette épreuve en IBU (la deuxième division du biathlon, ndlr) et il y a eu un beau chemin de parcouru depuis. Ca fait super plaisir.

Antonin, il y a eu pas mal de commentaires négatifs à l’annonce de votre titularisation dans le relais… Vous vous en êtes servis?

AG. Je les lis en prenant beaucoup de recul, parce que ces gens-là qui sont très critiques derrière leurs écrans, si on les croisait à la sortie du stade je pense qu’ils seraient plus gentils et peut-être même qu’ils demanderaient une photo. Je pense qu’il y a de la frustration, les gens n’aiment pas s’associer à de l’échec et ils n’aiment pas que l’équipe de France ne performe pas. Il y a un peu de méchanceté mais là avec la course que l’on a fait tous les deux aujourd’hui, les commentaires seront positifs et les mêmes qui étaient médisants hier vont faire des supers commentaires ce soir.

Pour vous Julia, c’est une revanche après des débuts de Mondiaux ratés?

JS. Oui, et j’ai l’impression que plus on m’enterre, plus j’ai envie de rebondir. C’est sûr que c’est une revanche car c’était dur à encaisser. Ce n’était pas ce que j’avais espéré, forcément. Il y a eu une petite incompréhension avec mon tir, on a travaillé avec Paulo (Jean-Paul Giachino, l’entraîneur du tir, ndlr) et on a beaucoup discuté, surtout pour essayer de comprendre. Peut-être qu’on tient le bon bout. Ça soulage de se dire que je n’ai pas perdu mon tir en une semaine. J’espère que ça va me relancer pour la fin de ces championnats où il y a de belles choses à aller chercher.

Sur la dernière étape de coupe du monde, Tiril Eckhoff avait déclaré que sur un dernier tour de mass-start, s'il y avait une fille à surveiller c’était vous… Vous lui avez donné raison aujourd’hui.

JS. Les Norvégiens aiment bien mettre un peu la pression sur les autres. Dans un dernier tour j’oublie tout, je débranche le cerveau, j’ai une stratégie et j’essaye de mettre en place ce qui me parait le mieux. On sait très bien que Tiril est une super finisseuse et on verra ce qu’il se passera à la mass-start (dimanche). Mais c’est sûr que si je pouvais finir devant sans avoir besoin de me battre avec elle, ça m’arrangerait bien parce qu’elle est super solide. Mais c’est cool de voir que les athlètes commencent à nous craindre un petit peu, ça fait du bien à notre ego (rires). Ça montre qu’on commence à avoir un nom dans ce sport.

Antonin, avoir cette médaille autour du cou après un début de saison compliqué, c’est aussi un peu une revanche?

AG. J’ai eu un début de saison que j’ai sauvé grâce à un super tir. Et après, j’ai accéléré sur les skis mais j'ai fait des erreurs en tir… C’est vraiment un sport pénible pour ça. Je suis arrivé avec de supers sensations sur les skis, j’ai été surpris de ne pas être retenu pour l’individuel 20km. Je pensais avoir ma chance mais finalement quand ils ont annoncé Fabien (Claude) sur l’individuel, ils m’ont annoncé pour le relais et j’ai eu trois jours pour bien me préparer et refaire des tirs. Il faut que je m’inspire de ces tirs de relais mixte simple pour les autres courses. Je suis qualifié pour la mass-start de dimanche. J’ai vraiment envie de la courir et j’ai montré que je pouvais être compétitif pour une place dans le relais masculin (la composition sera annoncée vendredi à 16h, ndlr). Je pense avoir marqué des points aujourd’hui.

Propos recueillis par Julien Richard