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JO 2022: écarté pour harcèlement sexuel, un patineur sud-coréen passe sous drapeau chinois

Exclu de son équipe nationale en août 2019 pour harcèlement sexuel sur un de ses coéquipiers, le patineur de vitesse sud-coréen Lim Hyo-jun a reçu son passeport chinois et pourra concourir aux Jeux olympiques d’hiver 2022.

Un scénario digne d'un film. Champion olympique 2018 du 1500 mètres sur piste courte (short-track) pour la Corée du Sud, Lim Hyo-jun pourrait conserver son titre en 2022 mais sous un autre drapeau. Exclu de la sélection coréenne de patinage depuis 2019 pour des faits de harcèlement, l’athlète a reçu, selon le média MBC, son passeport chinois vendredi dernier.

Arrivé en Chine en fin de semaine, il devrait commencer l’entraînement avec la sélection nationale dans quelques jours, une fois sa quarantaine respectée. Une situation ubuesque mais que les agents du patineur justifient: "Il a juste cherché un moyen de rechausser les patins."

"La bataille judiciaire traînait en longueur"

Lym Hyo-jun s’était retrouvé dans la tourmente un an et demi après son sacre olympique, en août 2019, en étant accusé de harcèlement sexuel. Dans les faits, il aurait baissé de force le pantalon d’un de ses coéquipiers en pleine séance d’entraînement et devant plusieurs autres athlètes. Suspendu un an par la Fédération, il avait interjeté appel et obtenu une relaxe, avant que l’affaire ne soit reprise par la Cour suprême coréenne.

A l’heure actuelle, Lim Hyo-jun n’est donc plus suspendu, mais l’étude du dossier étant toujours en cours, il courait le risque que sa peine d’un an ne soit enclenchée "trop tard" et ne le prive des JO 2022. "A mesure que la bataille judiciaire traînait en longueur, il devenait de plus en plus difficile pour Lim de représenter la Corée du Sud et d’aller remporter une seconde médaille d’or aux Jeux olympiques de Pékin", précisent ses agents, d’où le choix de demander la nationalité chinoise.

Un scandale supplémentaire

Ce n’est pas la première fois que la sélection nationale coréenne de patinage, et plus particulièrement la section short-track, est secouée par ce genre de scandale. En 2018, Cho Jae-beom, un entraîneur, avait été condamné à dix mois de prison pour avoir frappé et sexuellement abusé de Shim Suk-hee, double championne olympique âgée de 21 ans au moment de l’audience. En 2019, la peine avait été allongée à 18 mois, après que la jeune patineuse avait révélé être violentée par son entraîneur depuis ses sept ans. Une condamnation pas loin d'être inouïe, dans un pays où les violences sur les jeunes athlètes sont communes et rarement dénoncées, notamment en short-track, discipline phare en Corée du Sud.

Shim Suk-hee
Shim Suk-hee © AFP
Florian Chambon