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Worley : "J’ai envie de beaucoup plus"

Tessa Worley

Tessa Worley - AFP

Noël à peine digéré, Tessa Worley et l’équipe de France sont en Autriche, à Khüthai, pour un géant (dimanche) puis un slalom (lundi). Invitée de l’Intégrale Sport sur RMC, la championne du monde 2013 de géant fait le point sur son début de saison.

Tessa, le père Noël a-t-il été généreux avec vous ?

Oui. J’ai été comblée et gâtée. J’ai passé un très bon moment en famille et j’ai rechargé les batteries avant de repartir sur le circuit. On fait partie des équipes qui ont la chance de rentrer pour les fêtes. Ce n’est pas le cas pour toutes. C’est une chance de pouvoir se ressourcer en famille. Même si c’est court, je suis reboostée pour repartir. On n’est qu’en début de saison finalement, et l’envie est là, au maximum.

Les épreuves prévues à Semmering ont été annulées puis reprogrammées à Khüthai, toujours en Autriche. Ce calendrier qui bouge sans arrêt pour cause de manque de neige est-il compliqué à gérer ?

Ce n’est pas évident, surtout au niveau de l’organisation. Nous, les skieuses, sommes un peu épargnées par ça. Ce sont les entraîneurs et notre entourage qui essaient d’organiser tout ça au mieux. Nous sommes un peu drivées mais on s’adapte. On essaie de faire au mieux. Les courses ont lieu, même si elles ne sont pas aux mêmes endroits. Il faut être bon le jour de la course et sur n’importe quelle piste, dans n’importes quelles conditions. Mais tous ces changements de programme font qu’il faut être… assez disponible va-t-on dire.

Avez-vous déjà skié à Khüthai, en Coupe d’Europe par exemple ?

Je n’ai jamais skié cette piste. Je ne la connais pas et je crois qu’aucune fille du groupe France ne la connaît non plus. Pas grand-monde ne connaît l’endroit. Il y a eu des courses FIS (Fédération internationale de ski, ndlr) il y a quelques semaines mais à part ça, ce sera une découverte. Mais je suis aussi très contente d’aller découvrir un autre endroit. On va faire parler notre adaptation et y aller à fond.

Vous aviez remporté un géant à Semmering en 2011. Etre là-bas aurait pu être un avantage…

Tout à fait mais j’aime aller voir d’autres pistes, découvrir une piste que je ne connais pas. Ce n’est pas quelque chose qui me dérange. Je vais plutôt prendre ce bon côté des choses, être prête à skier et me donner à 100%. C’est ma seule priorité.

« Il ne faut pas forcer le truc »

Quel bilan tirez-vous en ce début de saison qui fait suite à votre grave blessure de l’hiver dernier ?

Les étapes se passent gentiment. On a toujours envie d’aller plus vite, c’est sûr, mais je sens que ça se décante petit à petit. Il y a eu la reprise. Ensuite, dans les courses suivantes, il faut arriver à élever son intensité et son niveau car j’ai envie de faire de belles courses et de jouer avec les meilleures. Il faut que j’arrive petit à petit à avoir un engagement à 100%, m’exprimer pleinement sur les courses. C’est vraiment ça que je recherche aujourd’hui. Il ne faut pas forcer le truc. Il faut avancer et prendre le positif de chaque expérience, comme à Aare en Suède où je fais une première manche dans laquelle je ne réagis pas forcément bien au niveau de l’engagement, je me trompe totalement de rythme et d’approche, mais j’ai réussi à changer ça en seconde manche. C’est positif et je le retiens pour la suite. Et là, je vais à Khüthai avec beaucoup d’envie.

Septième du géant d’ouverture de Sölden, une chute à Aspen, quinzième à Aare… Avez-vous senti qu’il fallait rehausser votre niveau à l’entraînement après ces premiers résultats ?

J’ai envie de beaucoup plus, c’est certain. Et ça passe par l’entraînement. Mais j’ai aussi découvert que l’engagement psychologique n’est pas le même à l’entraînement ou en compétition, où il y a des choses qu’on ne sent pas forcément venir, qu’on ne maîtrise pas. A Aare, par exemple, je pensais être à 200% en première manche, je m’étais vraiment donnée mais je m’étais juste un peu trompée sur où je devais mettre cette intensité-là et en course, ça ne pardonne pas, on le paie cher sur le chrono. Mais le plus important est d’avoir su réagir en seconde manche. J’essaie d’avoir de la régularité à haute intensité à l’entraînement pour pouvoir me lâcher et retrouver en course les petits repères qu’on a quand on joue la gagne au départ.

Êtes-vous aidée sur le plan psychologique pour retrouver toutes vos sensations ?

Bien sûr. C’est une partie très importante, peut-être même la plus importante. Sur le plan physique, on est bien encadré, bien géré. Un croisé, c’est presque anodin pour un skieur. Les chirurgiens savent quoi faire et nous réparent très bien. Je n’ai pas de séquelle physique, je me sens très bien au niveau de mon genou. Après, c’est dans la tête qu’il faut débloquer des petites choses. Elles sont inconscientes car j’ai vraiment envie de m’engager, je n’ai pas d’appréhension, mais finalement c’est un peu plus ancré. Il faut surtout skier, faire des manches et des courses pour aller libérer tout ça.

La rédaction avec l'Intégrale Sport