RMC Sport

Violences sexuelles dans le patinage: ce qui attend Gailhaguet au conseil fédéral

Le conseil fédéral, qui détient le pouvoir de démettre de ses fonctions le président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet, se réunit samedi matin à partir de 10h. Gailhaguet est sur la sellette depuis que la Fédération qu’il dirige sans partage depuis 20 ans est secouée par des scandales de violences sexuelles.

Ce pourrait être une matinée décisive pour l’avenir de Didier Gailhaguet à la tête de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Ce samedi matin à 10h, les membres du conseil fédéral qui auront pu faire le déplacement, se retrouveront au siège de la Fédération française des sports de glace. Il sera question de l'avenir de leur patron, dans la tourmente depuis les révélations sur les agressions sexuelles qui frappent sa Fédération.

Cette instance se réunit plusieurs fois par an, après chaque bureau exécutif. Mardi soir, les douze membres restants du bureau - quatre autres ont démissionné pour protester - ont voté une motion de soutien à la décision de Gailhaguet d’attendre la fin de l’enquête de la mission d’inspection générale diligentée par le ministère des Sports, avant de démissionner.

>> Patinage: une affaire de harcèlement moral à Nice, Gailhaguet inquiété ?

Depuis mercredi, soit au lendemain du bureau exécutif, un mail a été envoyé aux membres du conseil fédéral et aux présidents de Ligue pour les convoquer ce samedi à 10h au siège de la FFSG dans le 12eme arrondissement de Paris. Le conseil fédéral est l’unique instance en droit de destituer le bureau exécutif et le président de la Fédération par la même occasion. Ce n’est pas la tendance actuellement, mais une personne proche de la FFSG confiait ces derniers jours à RMC Sport, que Didier Gailhaguet "n’avait plus le choix".

Un quorum des deux tiers

Gailhaguet (en poste depuis 1998 avec une pause entre 2004 et 2007) peut poser sa démission s’il le souhaite. La présidente du conseil fédéral Maryvonne De Torchio l’a eu au téléphone jeudi pour évoquer avec lui sa démission et le prévenir que cette question sera évoquée lors de cette réunion, qui pourrait donc sceller son avenir à la tête de la FFSG.

Si un quart des membres du conseil fédéral, soit au moins huit personnes, demande à ce que la question d’un départ soit mis à l’ordre du jour, il pourrait y avoir, dans la foulée, un conseil fédéral exceptionnel sur l’avenir du président. Mais pour que Didier Gailhaguet quitte son poste, il faudrait que deux tiers des membres votent son départ.

"Le conseil fédéral peut mettre fin au mandat du président et aux fonctions du bureau exécutif par un vote à la majorité des deux tiers des membres le composant", peut-on lire dans les statuts de la Fédération. Pour rappel, le conseil fédéral est composé de 31 personnes, réparties en différents collèges censés représenter le patinage dans son ensemble (représentants des Ligues, athlètes, médecins, éducateurs, juges ou arbitres...).

Gailhaguet ouvre la porte à un départ

En raison du timing trop serré de ce conseil fédéral, Ludovic Le Guennec, président du club de Caen, l’un de ceux qui appellent de leurs voeux la démission du président de la FFSG, ne sera pas présent. Mais il a en revanche transmis une procuration afin que sa voix soit entendue. 

Dans un long entretien accordé à l'Equipe samedi matin, Didier Gailhaguet s'est défendu de vouloir garder sa place, ce dont l'accuse un certain nombre de personnes dans le milieu du patinage. "Je ne suis accusé de rien, si ce n'est de vouloir garder ma place. Mais je ne veux pas la garder", a-t-il dit.

"Je pense que je suis un frein à la fédé, mais j'ai eu le courage de dire tout haut les vérités nécessaires. A partir de là, demain, après-demain, un jour, il y aura un retrait de ma part", a-t-il encore promis.

QM avec Maureen Lehoux