RMC Sport

Violences sexuelles dans le patinage: Gailhaguet se défend sur sa gestion du cas Beyer

Dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe ce samedi avant le conseil fédéral de la FFSG, le président Didier Gailhaguet est revenu sur les accusations d'avoir couvert les agressions sexuelles dans le patinage.

Didier Gailhaguet continue sa contre-attaque. Alors que l'étau se resserre autour du président de la Fédération française des sports de glace, il a accordé un entretien au quotidien L'Equipe. Il s'exprime notamment sur la gestion de Gilles Beyer, visé par une interdiction d'exercer auprès des mineurs au début des années 2000.

"Il n'y a aucun fait à cette époque là"

Comment l'entraîneur, accusé de viols par la patineuse Sarah Abitbol, a-t-il pu revenir au sein de la fédération malgré cette enquête administrative? "Je ne sais pas... Vous ne faites pas confiance dans la vie? Vous ne redonnez pas leur chance à des gens? Il n'y a aucun fait à cette époque-là", explique Gailhaguet, l'enquête de police visant Beyer ayant abouti à un non-lieu. "Finalement, je reviens (il avait démissionné de la fédération en 2004 avant de revenir en 2007) et... bon, allez..., poursuit-il. Mais n'oubliez pas que je suis intervenu à un moment pour qu'il arrête d'entraîner des mineurs." 

Des "dysfonctionnements de tout le monde"

Il assure avoir contacté les dirigeants des Français Volants, le club de Gilles Beyer. "Je leur dis que ce n'est pas possible, que Gilles Beyer ne peut plus entraîner, explique-t-il à L'Equipe. Ils lui donnent un emploi plus administratif. Mais la carte professionnelle, ce n'est pas moi qui lui redonne... (...) Ça voudrait dire qu'un club aussi emblématique... no comment. Il y a de tels dysfonctionnements de tout le monde."

Gailhaguet affirme avoir pris des mesures mais ignorer l'ampleur des sévices de Beyer, dont il évoque les problèmes d'alcool. "Je savais des choses, j'avais recadré des choses, poursuit-il. (...) L'alcool m'a posé souci. Le reste, je me suis dit qu'il avait compris. Il y a eu une enquête de police, les mecs ont été secoués, il y a eu des articles dans la presse. Et c'est nous, la Fédé, qui impulsons tout ça. Ce n'est pas possible qu'il n'ait pas compris. On est dans la déraison, la pulsion." 

Réunion du conseil fédéral dans la matinée 

Un conseil fédéral, capable de destituer le président de la fédération, doit être rassemblé ce samedi matin. Mercredi, le bureau exécutif de la FFSG s'était réuni pendant plus de trois heures. Quatre de ses membres ont ensuite démissionné pour protester face au refus de Didier Gailhaguet de quitter ses fonctions. 

HM