RMC Sport

Miami: Pospisil s'en prend au patron de l'ATP en plein match

Vasek Pospisil lors du Masters 1000 de Miami

Vasek Pospisil lors du Masters 1000 de Miami - AFP

Le Canadien Vasek Pospisil s'en est pris vertement au patron de l'ATP mercredi lors de sa défaite au premier tour du Masters 1000 de Miami. Il s'est excusé après avoir tenu des propos très crus contre le dirigeant.

Vasek Pospisil s'est trouvé une cible assez inhabituelle sur un court de tennis mercredi lors du premier tour du Masters 1000 de Miami. Le Canadien ne s'est pas insurgé contre un coup raté, ou son adversaire mais contre le patron de l'ATP, Andrea Gaudenzi. Lors du premier set du match qui l'opposait à l'Américain Mackenzie McDonald (défaite 6-3, 4-6, 6-3), il a d'abord tapé une balle hors du court de frustration, avant de briser une raquette au sol. Puis, alors qu'il servait dans le premier set à 5-3 et 40-15, il a pris un point de pénalité pour propos injurieux, perdant de cette façon le premier set.

"Faites-le sortir d'ici... Trou du c..."

Interrogé au moment du changement de côté par l'arbitre, Arnaud Gabas, sur les raisons de son courroux, Pospisil a répondu: "Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui? Hier, pendant une heure et demie, le président de l'ATP m'a crié dessus lors d'une réunion de joueurs, pour avoir essayé d'unir les joueurs. Pendant une heure et demie. Le patron de l'ATP."

"Faites-le sortir d'ici... Trou du c... Pourquoi est-ce que je supporterais cela?", a enchaîné le 67e mondial, en parlant d'Andrea Gaudenzi.

L'été dernier, Pospisil, jusqu'alors membre ardent du Conseil des joueurs de l'ATP, une instance intégrée à l'institution, avait démissionné pour cofonder, avec le numéro un mondial Novak Djokovic, l'Association des joueurs de tennis professionnels (PTPA), un organisme parallèle et indépendant.

Quelques heures après, le joueur a exprimé ses regrets sur Twitter. "Je tiens à m'excuser sincèrement pour mon comportement sur le court. J'ai manqué de respect au jeu que j'aime et j'en suis sincèrement désolé."

"En guise d'explication, j'ai été profondément troublé lors d'une réunion entre les joueurs et les dirigeants de l'ATP hier soir, et... j'ai sous-estimé le poids de ces émotions jusqu'à ce que j'entre sur le court aujourd'hui. Encore une fois, je suis désolé pour mon comportement et pour le langage que j'ai utilisé", a-t-il ajouté.

En novembre, il avait estimé dans un podcast du site Tennis.com que l'objectif de la PTPA était de faire en sorte que les joueurs soient "représentés d'une manière appropriée". "Avec cette organisation nous avons réellement la capacité d'influencer les décisions majeures qui sont prises et qui affectent nos moyens de subsistance."

A ce titre, John Isner a mis en exergue, plus tôt mercredi, l'interrogation des joueurs à propos de la baisse des dotations dans les tournois du circuit, dont le Masters 1000 de Miami, passé de 1,35 million de dollars pour les vainqueurs en simples en 2019 à un peu plus de 300.000 cette année.

"Il y a un peu d'incompréhension quant à la façon dont ces dotations sont gérées et pourquoi leurs montants sont ce qu'ils sont", a-t-il dit, tout en comprenant "qu'avec le manque à gagner provenant de le billetterie, nos bourses diminuent", par temps de pandémie de coronavirus.

"Mais certains joueurs se demandent pourquoi elles ont tant diminué. Le circuit a mis en place une stratégie qui consiste à maintenir peu ou prou les dotations des premiers tours, mais ceux des quarts, demi-finales et finales ont été considérablement réduites", a souligné l'Américain qui entrera en lice vendredi.

Interrogé sur la PTPA dont il est membre lui aussi depuis l'an passé, Isner a estimé "qu'en fin de compte, cela pourrait être sain pour le circuit, même si certaines personnes ne sont certainement pas d'accord avec moi".

NC avec AFP