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Monfils, les limites du système D

Gaël Monfils

Gaël Monfils - -

Après plusieurs mois d’absence en raison d’un genou défaillant, Gaël Monfils a été sorti en quarts de finale du tournoi de Doha. Il a surtout affiché contre son gré les limites de son tout nouveau mode de fonctionnement : en solo, sans structure, ni entraîneur.

Qui vous entraîne aujourd’hui ? « Moi-même ! » Et en ce qui concerne les kinés ? « Je le fais moi-même ». Eloigné des cours depuis octobre en raison de problèmes au genou, Gaël Monfils a renoué avec la compétition cette semaine, à Doha, avec un staff, vous l’aurez compris, exclusivement composé de… lui seul. Un retour au combat en solitaire pour le Parisien, redescendu à la 77e place mondiale après son année 2012 galère, et qui avait décidé de se séparer de son entraîneur, Patrick Chamagne, en novembre dernier. Membre de la Dream Team RMC, Patrice Dominguez, commente cette petite révolution dans le quotidien du joueur de 26 ans.

« Il a décidé de partir seul sur le circuit… Ca nécessite une organisation complètement différente parce que désormais, tout lui incombe, analyse l’ancien numéro 1 français. Lorsqu'on a une structure autour de soi, le préparateur physique organise les séances, l'entraîneur choisit les sparring-partners et le kiné s'occupe de l'échauffement et de la récupération. C’est maintenant lui qui doit s’occuper de tout. C'est peut-être un mal pour un bien, dans la mesure où ça va contribuer à son émancipation. A un certain moment, certains joueurs éprouvent ce besoin de se prendre en main, même si cela se fait souvent plus en douceur. On avait vu cette attitude-là un peu chez Jo-Wilfried Tsonga, mais lui avait gardé au moins un kiné, alors que pour l'instant, Gaël est parti complètement seul ».

Monfils : « Je cherche un coach »

Au Qatar, le néo-soliste s’est hissé en quart de finale, avant de céder physiquement face au qualifié Daniel Brands, après son marathon de la veille face à Kohlschreiber. Honorable pour un retour, même s’il est difficile d’y voir une quelconque conséquence de son nouveau mode de fonctionnement. Pour Dominguez, le choix de Monfils peut avoir du bon, mais ne sera pas viable sur le long terme. « Je ne doute pas qu'il trouve en cours de route un équilibre autour d'une ou deux personnes qui viendront l'assister dans la préparation de ses matchs, explique-t-il. Il a besoin d’au moins un préparateur physique ou d'un kiné totalement à ses côtés. Vu qu’il a été blessé, il devra soigner sa préparation et son entretien physiques. Il ne pourra pas vivre éternellement tout seul une situation de joueur professionnel telle quelle, surtout avec la dureté des matchs. Même avec la meilleure volonté du monde, il ne peut pas faire tout seul ».

Qu’il se rassure, Gaël Monfils n’a pas l’intention de jouer les hommes à tout faire bien longtemps : « Je cherche un coach pour m’épauler, m’aider, parce que je pense avoir encore beaucoup de choses à apprendre, j’ai envie d’apprendre. C’est bien plus qu’une aide, donc j’aimerais bien en trouver un », confiait-il ainsi avant la reprise, assurant « avoir envie de voir haut » pour la saison à venir. Et il y aura du travail, puisque Monfils devrait redescendre à un 98e rang mondial bien terne dès la semaine prochaine. Avis aux amateurs.

dossier :

Gaël Monfils

Alexis Toledano avec Camille Gelpi