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Tsonga : « J'ai découvert une nouvelle passion : le tennis »

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - -

En battant Rafael Nadal (7-6, 4-6, 6-3), Jo-Wilfried Tsonga est devenu le troisième français après Sébastien Grosjean et Gilles Simon à atteindre les demi-finales du Masters. Le Manceau savoure ce jeu en constante évolution et un plaisir tout nouveau pour son sport.

Jo-Wilfried Tsonga, quel est votre sentiment après ce succès sur Nadal ?

C’est super de pouvoir gagner de cette manière. J’ai fait un match plein comme j’avais envie de le faire. Il se conclut bien et avec une demi-finale.

C’est comme ça que vous rêviez de jouer ce match ?

C’est comme ça que je suis rentré sur le terrain. J’ai tout de suite affiché mes ambitions. J’avais envie de monter au filet, d’être agressif, de mettre beaucoup de pression. C’est ce que j’ai super bien fait dès le début du match. Ça m’a permis de le tenir jusqu’au bout et de le faire un peu craquer sur la fin.

Vous avez terminé ce match en semblant plus frais que votre adversaire.

Je ne sais pas si j’étais plus frais. Rafa est très fort à ce niveau-là. Je pense que j’ai mieux joué dans ce troisième set. C’est extraordinaire de sortir d’un match comme ça, d’avoir joué un champion comme ça et de gagner comme ça.

En étant placé dans le groupe de Rafael Nadal et de Roger Federer, vous n'étiez pas le mieux placé pour passer en demi-finale. C'est un pied-de-nez au tirage?

Je n’ai pas fait de pied de nez au tirage au sort. Ce sont les 8 meilleurs joueurs du monde ici. Tous les matches sont compliqués. Chaque match suffit sa peine et aujourd’hui (hier ndlr), ce que j’ai fait, c’était bien.

Vous avez eu une réussite insolente avec 75% de points gagnés sur vos montées au filet. Comment est-ce possible contre Nadal qui est redoutable en passing ?

Je ne sais pas. Il faut croire que c’est de la chance.

Avez-vous eu des flashes de Melbourne et de votre victoire en trois sets sur Nadal en demi-finale de l'Open d'Australie 2008 (6-2, 6-3, 6-2) ?

Non. Je me sens bien. Je fais évoluer mon jeu tous les jours, je teste de nouvelles choses. Je suis arrivé à ça aujourd’hui et c’est bien.

Et vous voilà en demi-finale...

Je suis super heureux. Le but du jeu est d’aller le plus loin possible. J’avais dit avant la compétition que mon premier objectif était de me qualifier, et ensuite, que si je me qualifiais, je penserais à la victoire. Je vais me concentrer sur le prochain match et tout faire pour aller chercher la victoire.

Londres vous réussit cette année. Il y a la finale du Queen's, votre demi-finale à Wimbledon et maintenant l'O2 Arena.

Il faut croire que le jet lag ne me va pas trop. J’aime bien être à l’heure de Bruxelles (rires).

On a vu beaucoup de monde dans votre box, c’est nouveau ?

C’est génial de sentir qu’on est supporté. J’ai beaucoup travaillé pour essayer de sortir de ça. Avant, j’avais tendance à leur demander de m’aider alors qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose pour moi. Je suis un peu retombé dans mes travers mais je me suis bien repris dans le troisième set. J’espère qu’à chaque match, je vais continuer à m’améliorer.

Ce succès contre Nadal est-il supérieur à votre victoire sur Roger Federer en quart de finale à Wimbledon (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-4) ?

C’est un peu en dessous. C’est un match de poule. J’ai eu des hauts et des bas cette saison mais je me suis accroché. J’ai pensé à ma carrière, à ce que je devais faire pour m’améliorer. Je me rends compte que tous les efforts que j’ai fournis payent et ça fait du bien.

Vous avez réussi une grande année 2011 alors que vous n'avez pas d'entraîneur. Qu'est ce qui a changé dans votre vie?

Avant, je n’étais pas passionné par ce que je faisais. Je jouais aussi pour réussir ma vie. Pour me sortir de mon quotidien. Je suis arrivé à une période où je suis sorti de ça, car on gagne bien nos vies. Cette année, je me suis demandé pourquoi je faisais tout ça. J’ai découvert une nouvelle passion qui était le tennis (rires).

Propos recueillis par Eric Salliot à Londres