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Coupe Davis: les Bleus devront suivre les règles imposées par Noah

Pour sa première conférence de presse en tant que nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Yannick Noah a évoqué son mode de fonctionnement pour les Bleus. Qui ne devront pas sortir du cadre défini par le patron sous peine de s’exclure du groupe.

Le béret sur la tête, le pull col en V ouvert sur le torse, le verbe suave, les réponses à rallonge, les sourires, les clins d’œil et les mimiques. Pour sa première devant les médias en tant que nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Yannick a fait du Noah pur jus. Un show à la hauteur du personnage et de son statut pour le grand public. Au-delà des impressions, il y avait aussi le discours. Une véritable prise en mains. Le vainqueur de Roland-Garros 1983 arrive avec une méthode et compte bien la faire appliquer. Gare à ceux qui sortiront des clous.

« Il faut faire preuve d’autorité »

« Un champion a un ego mais il faut savoir le mettre au service de notre objectif. Pour ça, il faut un cadre bien défini avant et ne pas en sortir, a expliqué Yannick Noah ce mardi en conférence de presse. Celui qui en sort, il sort. Il n’y a pas d’avertissement. On s’est tapé dans la main, on s’est regardé dans les yeux, on est des hommes et quand on se dit des choses, on les fait et on va au bout. Il faut donc faire preuve d’autorité, prendre des décisions parfois douloureuses. Mettre de côté quelqu’un qui est ton leader ou ton ami… Il faut prendre des décisions difficiles pour l’intérêt commun. Dans le passé, j’ai très souvent dû faire preuve d’autorité et je n’aurai pas peur de le faire encore car je pense que ça a manqué. »

« J’ai un plan clair. Pour les joueurs, c’est nouveau »

Et Yannick de pousser plus loin le constat : « Le but, c’est de donner du bonheur. Pour ça, il va falloir travailler et changer certains fonctionnements. Il va falloir faire des efforts, des sacrifices. J’ai un plan clair. Mais pour les joueurs, et c’est incroyable, c’est nouveau. Ils n’ont jamais entendu un truc pareil. Alors je me dis qu’on ne peut faire que mieux. Si on donne le meilleur de nous-mêmes sur tous les matches pendant les quatre rencontres, je pense sincèrement qu’on a une chance de gagner. Mais il ne faut pas qu’on triche quand on est entre nous. Il y a un cadre défini que j’ai expliqué aux joueurs. C’est autour de cela qu’on s’est mis d’accord. »

« Je sens que le message est passé »

Les Bleus, une équipe qui « concerne dix joueurs » dixit Noah, devront donc filer droit derrière le dernier Français vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem : « J’ai eu tous les joueurs au téléphone. Je veux qu’ils soient tous concernés, qu’ils sachent tout de suite comment on va fonctionner. Je sens que le message est passé, qu’il y a une équipe motivée derrière moi. J’ai compris que les joueurs n’arrivaient pas à s’épanouir sur des matches importants en Coupe Davis depuis quelques temps. Pourquoi ? On a des idées et on est déjà à fond sur cette question. On peut vraiment s’améliorer. Il s’agit de faire jouer de très bons joueurs et de faire en sorte qu’ils soient dans les meilleures conditions possibles. J’ai le sentiment que ce n’est pas le cas depuis quelques années. Mais j’ai l’espoir fou et la conviction de pouvoir réorganiser tout ça avec les joueurs. » 

Toujours « en train de monter (s)on staff », Noah s’affiche en rassembleur tout autant qu’en patron. « Une génération de joueurs a pensé qu’elle décidait, tranche-t-il. Ce n’est pas le cas même si on prend leurs avis. » Le boss a parlé. Aux joueurs de suivre.