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Coupe Davis - Simon: "Un manque de respect envers Clément"

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En tant que porte-parole des joueurs de l’équipe de France, Gilles Simon regrette la manière dont la FFT s’est séparée d’Arnaud Clément. Pour le Tricolore, le capitaine des Bleus aurait dû être plus rapidement averti des intentions de la Fédération, après la défaite contre la Grande-Bretagne en juillet.

Gilles Simon, que pensez-vous du limogeage d’Arnaud Clément ?

On avait tous des avis différents au sein de l’équipe. Certains voulaient changer de capitaine, certains non, d’autres hésitaient. Peu importe la décision, on souhaite surtout réagir sur la forme. Il a toujours tout donné pour la Coupe Davis, comme joueur et comme capitaine. Et on est tous d’accord sur ce point, il faut traiter ces personnes-là avec beaucoup plus de respect que ce qui a été fait.

Que reprochez-vous à la Fédération ?

On a trouvé que le processus n’était pas correct. C’est important pour nous d’exprimer notre soutien à Arnaud, en tout cas sur la forme. Quels que soient les reproches, il y a une manière de faire. On a beaucoup de mal à s’associer à la manière avec laquelle ça a été géré. Quand un processus s’enclenche le soir même de la défaite, sans en parler au principal concerné, pour nous, c’est un manque de respect. C’est important pour nous qu’il sache que nous ne sommes pas solidaires de cette démarche-là. On ne peut pas cautionner ça, d’autant que nous n’étions pas dans l’urgence.

Aviez-vous eu vent des intentions de la Fédération après le quart de finale ?

Non, justement. On se sent idiot. On discute de ce que l’on va essayer d’améliorer, entre joueurs, avec le capitaine. Alors que c’est déjà décidé. S’il y a une volonté de changer, il faut le dire, ne pas prendre de contacts.

Arnaud Di Pasquale (DTN) et Gilbert Ysern (DG de la FFT) ont dit que les joueurs avaient critiqué Arnaud Clément, sans pour autant demander sa tête…

C’est vrai. Et c’est pour ça que la manière est étonnante. C’est une décision de la Fédération, qui est dans son droit. C’est très bien, mais il faut le dire. Il ne faut pas faire semblant de faire un audit, quand beaucoup de contacts ont été pris et beaucoup de choses ont été décidées, sans en parler à Arnaud lui-même.

Avez-vous l’impression que lorsque vous avez été interrogé à l’US Open, tout était acté ?

Oui, c’est le sentiment que j’ai eu. La Fédération dit que non. C’est allé très vite en tout cas.

Existe-t-il une scission entre les joueurs ?

Non, on discute. On a des désaccords. On était dans cette discussion et on se sent un peu idiot.

Les joueurs avaient-ils trop de pouvoir ?

On a souvent entendu ‘’les gars c’est votre aventure, emparez-vous de cette équipe’’, Guy Forget lui-même le disait. Et tout d’un coup, c’était ‘’les gars je suis capitaine, c’est moi qui décide’’. Il y a beaucoup de modes de fonctionnement différents à l’étranger. Lequel est le meilleur ? Ce n’est pas évident.

Tous les joueurs ont-ils l’amour du maillot ?

Les divergences laissent penser qu’on n’est pas dans le même camp. A l’arrivée, on a tous le même objectif, gagner la Coupe. On le met en priorité sur notre calendrier et ça ne changera pas. L’amour du maillot est là et le sera toujours. Si on discute de ça et que ça prend autant d’ampleur, c’est parce que tout le monde a envie qu’on gagne.

Yannick Noah est fortement pressenti. Etes-vous prêt à travailler avec lui ?

Je ne répondrai pas à cette question aujourd’hui. Quand le capitaine sera annoncé, on réagira là-dessus.

la rédaction