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Noah : "Quelque chose qui restera pour toujours"

Pour son retour sur le chaise de capitaine, Yannick Noah a vécu un premier tour de Coupe Davis parfait avec une victoire 3-0 contre le Canada. Heureux de l’état d’esprit qui règne dans l’équipe, il retiendra l’expérience « unique » vécue en Guadeloupe.

Yannick, que retiendrez-vous de cette équipe ?

Contre cette équipe du Canada, on a eu l'occasion de mettre un certain nombre de choses en place. J'ai pu voir comment les quatre joueurs réagissaient. L'histoire se souviendra que nous avons gagné 9 sets à 0. Mais je ne sais pas si ces trois matches en trois sets reflètent vraiment la physionomie de la rencontre. On ne sait pas ce qu'il se serait passé si Gilles (Simon) avait été mené 6-0 (contre Pospisil, ndlr). Il y a eu aussi plein de balles de break contre nous lors du double. On se dit que l'on s'en sort bien. On sait bien que cela aurait pu basculer. Mais dans l'inconscient des joueurs, l'issue du match était quasiment réglée parce qu'ils n'ont rien lâché. C'est bien d'avoir eu cet état d'esprit. Ces douze jours ont été très riches. Je ne veux pas parler que de l'accueil extraordinaire sur l'île. J'ai été très bien accueilli aussi par les joueurs qui ont l'habitude de travailler ensemble depuis longtemps. Ils nous ont fait confiance, à moi, Cédric (Pioline, le capitaine adjoint) et Lolo (Loïc Courteau, l'entraîneur). Ils nous ont suivis.

Avez-vous eu des moments de doute ?

Jamais. A partir du moment où j'ai vu le tableau, pour moi c'était une évidence de jouer en Guadeloupe. La possibilité de jouer sur terre battue extérieure était devenu une évidence. Et puis j'ai réalisé que c'était quelque chose qui n'avait jamais été fait. Professionnellement, cela devenait une priorité évidente. Mais, c'était aussi autre chose que de juste taper dans des balles de tennis. Beaucoup de gens ont découvert le jeu, la Coupe Davis, l'équipe de France. On va repartir et quelque chose restera pour toujours. Il y a eu des polémiques. Des gens étaient contre. Mais ce qui compte, c'est l'aventure humaine. Ce qu'a vécu Gaël (Monfils, d'origine guadeloupéenne), en termes d'émotions, cela n'a pas de prix. On n'est pas venu chercher mais donner quelque chose. Les joueurs ont vécu un truc assez unique, c'est très rare.

Allez-vous fêter ça ce soir ?

Pas trop parce qu'on va essayer de finir sur une bonne note lors des deux matches de demain (dimanche). Ensuite on repartira avec plein de bons souvenirs et j'espère que cela nous servira afin de continuer l'aventure.