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Tsonga : "France-Suisse ? Je fais partie de ceux qui ont peur"

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - AFP

Eliminé par le Japonais Kei Nishikori en 8e de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy, Jo-Wilfried Tsonga a déjà basculé vers la finale de la Coupe Davis, face à la Suisse dans trois semaines à Villeneuve d’Ascq. Sans langue de bois, le Manceau a fait part de son appréhension.

Jo-Wilfried Tsonga, vous avez été éloigné des courts de tennis pendant un mois. Vous êtes-vous rassuré avec ces deux matches à Bercy ?

Non. En revanche, j’ai renoué avec la compétition. C’est une bonne chose après les deux, trois petits problèmes physiques que j’ai eus. Après Tokyo, c’est une bonne chose que je sois bien physiquement. C’est bien de renouer avec le plus haut niveau.

C’était votre dernier match de l’année avant la finale de la Coupe Davis. Quel bilan tirez-vous de votre saison ?

Je suis assez optimiste. L’an passé, en fin d’année, c’était compliqué. Je ne savais pas trop ce qui allait vraiment se passer. La saison avait mal démarré. J’avais des problèmes de genou. Finalement, je suis entré dans mes objectifs, qui étaient de revenir au plus haut niveau, de pouvoir faire des matches comme celui d’aujourd’hui, où je combats avec les meilleurs. Je joue du bon tennis. Cette année, j’ai été vraiment bon, rigoureux dans le boulot. J’espère que ça va m’apporter de belles victoires dans les semaines et les mois à venir.

La finale de Coupe Davis est dans trois semaines. Comment allez-vous gérer cette période ?

On va essayer de reprendre très vite. Je vais taper la balle sur terre battue d’ici lundi.

Cette finale fait envie, mais fait-elle peur ?

Oui, ça fait flipper. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi. C’est comme si je te mets près d’un précipice et que je te demande pourquoi tu as peur alors que tu as les pieds sur le sol ! On a tout à gagner et tout à perdre dans cette histoire. Donc ça fait forcément un peu peur. Moi, je ne connais personne qui participe à ce genre d’événement en disant : « Mouais... » Il y en a certainement mais je ne fais pas partie de ces gens-là. Moi je fais partie de ceux qui ont peur. Mais en même temps, cela me nourrit. Si on joue au tennis, c’est pour vivre ces moments-là, l’adrénaline. Ce sont des moments où on se met en danger. On est quelque part un peu maso. On se met en danger en jouant ce genre de rencontre, mais on est tous motivés pour ça. Les joueurs qui arrêtent, disent souvent que ce qui leur manque, c’est justement cette adrénaline, cette pression sur le court. Là, on est en plein dedans. Certains matches dans la saison ne vont pas nous marquer mais celui-là, quoi qu’il arrive, il nous marquera.

la rédaction avec Julien Richard